Les tensions ne sont pas retombées à l'Assemblée nationale depuis la reprise des auditions de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public. Pourtant, le président de ce travail parlementaire, Jérémie Patrier-Leitus, avait appelé au calme avant la trêve des confiseurs pour que les débats repartent sur des bases plus sereines. Mais, ses espoirs ont été rapidement douchés puisque de nombreux incidents ont émaillé les séances de mars et d'avril. En cause, la plupart du temps, le comportement agressif du rapporteur Charles Alloncle, qui est allé mordre aux chevilles d'Hugo Clément, de Nagui ou encore de Xavier Niel. Furieux, le fondateur de Free en est venu à comparer cette commission à un "cirque" en raison de toutes les "approximations" prononcées ou rapportées sur les réseaux sociaux par le député héraultais de l'UDR.
Jérémie Patrier-Leitus, arbitre de ces joutes verbales, a également beaucoup de mal à contenir son agacement face à son rapporteur, avec lequel il s'est déjà accroché à plusieurs reprises. Ce lundi 6 avril, sur RTL, le député Horizons du Calvados a déploré la "politique spectacle" parfois proposée dans la maison des citoyens. "Je n'ai pas choisi d'être député pour participer à ce cirque", a-t-il répété, reconnaissant "des différences" avec Charles Alloncle, autant d'un point de vue politique que des "méthodes" employées.
"Quand, par exemple, le rapporteur a révélé les frais de maquillage de Virginie Efira, je crois qu'on peut s'interroger sur le désir public, faire la transparence, et je le redis, je suis attaché à la transparence, sans effectivement tomber dans le populiste", a souligné Jérémie Patrier-Leitus, prenant un autre exemple concret de leurs divergences. Il a alors évoqué la Une du magazine conservateur "L'Incorrect", où Charles Alloncle se compare à Émile Zola, en reprenant la célèbre formule "J'accuse". Le président s'est dit "choqué" et "indigné" par cette analogie. "Je viens d'une famille qui a été marquée par l'antisémitisme, par l'histoire de la Shoah. Comparer l'audiovisuel public à l'affaire Dreyfus, c'est indécent", regrette l'élu normand.
Au micro de Thomas Sotto, Jérémie Patrier-Leitus a défendu "le travail important" entrepris depuis plus de quatre mois, et ce même s'il pointe des "dysfonctionnements" et des "manquements" . "On peut contrôler l'audiovisuel public sans effectivement la comparer à l'affaire Dreyfus, ce qui me paraît tout à fait indécent", a précisé celui qui souhaite "formuler des propositions" à la présidente de l'Assemblée nationale pour "revoir le fonctionnement des commissions d'enquête".
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