Laurent Prud'homme a gagné son procès contre "L'Équipe" devant la justice.© L'Equipe
Dans le duel opposant "L'Équipe" à son ancien directeur général Laurent Prud'homme, le tribunal des affaires économiques de Paris a accordé la victoire au second. Selon "L'informé", le groupe de presse a été condamné à signer un chèque de 100.000 euros au dirigeant d'entreprise. Pourtant, leur fin de collaboration s'était déroulée en bonne intelligence, le quarantenaire décidant de saisir "une nouvelle opportunité professionnelle" en rejoignant l'Olympique Lyonnais en tant que CEO (pour Chief Executive Officer). C'est un an après son départ que les relations entre les deux camps se sont détériorées, lorsque le quotidien sportif a adressé à son ex-salarié un courrier annulant un accord transactionnel sur le versement de surprimes sur les performances de la structure 21 Production.
Selon lui, durant son mandat, l’ancien DG aurait "maintenu et développé des relations commerciales avec une société cliente qui n’était de toute évidence pas fiable (...) et a lourdement fragilisé la santé économique de 21 Production", indique le jugement. "L'Équipe" avait déjà poursuivi cette même société en justice (Fedcom Media), lui réclamant 5 millions d'euros pour ne pas avoir payé les prestations fournies pour le championnat de basket en raison de la situation précaire de son propriétaire. "L’imprudence de Laurent Prud’homme constitue une faute dans sa gestion face à un débiteur déjà défaillant, tout directeur général raisonnable n’aurait pas persévéré dans des relations contractuelles sur lesquelles pesait un aléa aussi fort", a dénoncé l’éditeur en évoquant une dissimulation de sa part entraînant une "incapacité à avoir une pleine visibilité sur ses actes de gestion de 21 Production".
L'homme d'affaires s'est défendu de ces accusations et, pendant plusieurs mois, le tribunal des affaires économiques de Paris a été le théâtre de cet affrontement d'arguments. Au final, le juge a retenu, selon nos confrères, que "la situation de Fedcom Media était publique au moment du départ de Laurent Prudhomme avec 'son retentissement dans la presse'". "Les répercussions de ce contrat, y compris les risques qu’il comportait, étaient donc connues", rapporte "L'informé, ajoutant que l’éditeur de l’Équipe ne rapportait "pas la preuve d’une dissimulation intentionnelle" de la part de son ancien DG.
En conséquence, le groupe détenu par la famille Amaury est condamné à payer plus de 100.000 euros de surprimes cumulées, des intérêts de retard ainsi que 5.000 euros pour les frais d’avocat. Il a néanmoins fait appel de cette décision. De son côté, Laurent Prud'homme n’a pas touché les dommages et intérêts réclamés pour préjudice moral et matériel ainsi que résistance abusive. Depuis la fin de son aventure avec le club de football rhodanien, l'homme de médias (Canal+, TF1, Eurosport) a rebondi en prenant la tête du groupe de casinos JOA.