La cheffe du service international de Libération, Sonia Delesalle-Stolper, a été proposée comme directrice de la rédaction pour remplacer Dov Alfon après l'échec de la candidature de Nicolas Barré, a annoncé le quotidien de gauche lundi dans un communiqué. Les journalistes de Libé doivent désormais approuver ce choix lors d'un vote, conformément aux statuts du journal. Il aura lieu mercredi et jeudi, après un "grand oral" de Sonia Delesalle-Stolper devant la rédaction mardi, a indiqué une source interne à l'AFP.
"Proposer, pour la première fois dans l'histoire de Libération, une femme à sa tête, qui a fait l'essentiel de sa carrière à l'étranger et consacré le plus clair de son travail à l'international, est un choix de renouvellement et d'ouverture", a estimé dans un communiqué Denis Olivennes, président de la société actionnaire principale de Libération. Sonia Delesalle-Stolper travaille à Libération depuis dix-sept ans. Elle est à la tête du service international depuis cinq ans, après avoir été correspondante au Royaume-Uni.
Si les journalistes de Libération approuvent sa nomination, elle deviendra directrice de la rédaction, directrice de la publication et co-gérante du quotidien. Son nom a été proposé trois semaines après le retrait de la candidature de Nicolas Barré, ancien dirigeant du Figaro puis des Echos, qui était le choix initial de M. Olivennes.
Le nom de M. Barré avait immédiatement suscité l'opposition des journalistes de Libé à cause de son parcours dans des journaux à la ligne économique plus libérale. Cela l'avait poussé à jeter l'éponge. Ce processus de désignation a été enclenché par l'annonce surprise le 8 avril du départ de Dov Alfon, qui a dit vouloir se consacrer à sa carrière d'écrivain. Patron respecté de la rédaction depuis 2020, le journaliste franco-israélien a contribué à redresser Libération et accélérer sa transition vers le numérique.
Dans un contexte de crise généralisée de la presse, le journal n'échappe toutefois pas aux difficultés économiques. Selon le média L'Informé, le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky l'a renfloué à quatre reprises depuis 2022, la dernière fois en décembre à hauteur de 17 millions d'euros et pour un total de 59 millions. De 2014 à 2020, Libé appartenait au groupe Altice, du milliardaire Patrick Drahi, qui l'a ensuite transféré à un fonds destiné à garantir son indépendance, le "Fonds de dotation pour une presse indépendante" (FDPI).

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