Une fumée blanche s'est échappée des locaux de "Libération" : Sonia Delesalle-Stolper est officiellement la nouvelle directrice de la rédaction du quotidien, sa cogérante et sa directrice de la publication depuis ce jeudi 7 mai. Elle prend ainsi la succession de Dov Alfon, en poste depuis 2020 mais qui avait annoncé son souhait de quitter ses fonctions le 8 avril. La candidature de cette journaliste reconnue de 57 ans, chef du service international depuis six ans, devait, conformément aux statuts du journal, être soumise à un vote. Elle a été approuvée par ses collègues, qui ont voté à 83,2 % en faveur de sa nomination.
Son nom avait été proposé pour prendre ce poste, trois semaines après le retrait de la candidature de Nicolas Barré, ancien dirigeant du "Figaro" puis des "Echos", qui était le choix initial de Denis Olivennes. Le journaliste avait jeté l'éponge en raison de la forte opposition des journalistes de "Libé" en raison de son parcours dans des journaux à la ligne économique plus libérale. "Proposer, pour la première fois dans l'histoire de Libération, une femme à sa tête, qui a fait l'essentiel de sa carrière à l'étranger et consacré le plus clair de son travail à l'international, est un choix de renouvellement et d'ouverture", avait alors rebondi Denis Olivennes.
Entrée comme pigiste au journal en 2009 comme correspondante à Londres, Sonia Delesalle-Stolper dirigeait depuis 2021 le service International. Elle avait entre-temps été embauchée en 2017, toujours comme correspondante dans la capitale anglaise. Elle y a tout couvert : de l'actualité royale à celle du Brexit, en passant par les Jeux Olympiques 2012. "Je suis tombée dans la marmite Libé. Une marmite foutraque, mais une marmite éminemment talentueuse, efficace et capable de moments de grâce et de brillance absolues", a-t-elle raconté devant la rédaction lors de son "grand oral" mardi.
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Lors de cette heure et demie d’échanges avec les journalistes, la nouvelle patronne a mis l’accent sur la nécessité de mieux fidéliser les lecteurs du titre (117 465 exemplaires écoulés chaque jour, dont 80 000 en version numérique), et projeté de renforcer l’espace réservé aux opinions, notamment "pour faire vivre le débat au sein de la gauche" lors de la prochaine année dévouée à l'élection présidentielle. "Avec l’ensemble de la rédaction, je veux poursuivre la transformation engagée ces dernières années, renforcer encore notre ambition éditoriale et faire de 'Libération' un lieu incontournable du débat démocratique, intellectuel et culturel à l’approche de 2027 et au-delà", a affirmé l'élue dans un communiqué, relayé par "Le Figaro".
Dans un contexte de crise généralisée de la presse, "Libération" n'échappe pas aux difficultés économiques. Selon le média "L'Informé", le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky l'a renfloué à quatre reprises depuis 2022, la dernière fois en décembre à hauteur de 17 millions d'euros et pour un total de 59 millions.

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