Eve Szeftel, venue de Libération et ancienne de l'AFP, a été recrutée début janvier comme directrice de la rédaction.© RMC
Depuis la publication d’informations de presse, fin avril, relatant que son actionnaire, le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, envisageait de vendre l’hebdomadaire, "Marianne" enchaîne les crises. La dernière en date est relative à une motion de défiance votée contre la directrice de la rédaction, Ève Szeftel, à qui les journalistes reprochent notamment "des prises de position dénaturant l'identité profonde du titre". Le texte a été voté par 71% de la rédaction (37 personnes ont voté oui, 15, non, et trois ne se sont pas prononcées), au lendemain d’une assemblée générale tenue dans l’après-midi du 18 septembre.
Outre le premier grief cité, et manifesté au travers de Unes et d'éditoriaux, les journalistes de "Marianne" reprochent à la direction "des manquements graves et répétés à l'éthique journalistique, spécialement concernant la couverture du conflit israélo-palestinien et des crimes de guerre à Gaza". Ils dénoncent également "un management brutal" et "des compétences insuffisantes" de la part de celle qui a été débauchée de "Libération" début janvier. Ce vote de motion de défiance intervient après un autre similaire le 9 septembre contre la direction du groupe CMI France, dont la gestion est dénoncée. Les syndicats pointent du doigt une "absence de stratégie claire et payante", la cession de "France Dimanche", "Télé 7 Jours" et "Télé 7 Jeux" et toutes leurs déclinaisons papier et Web, ainsi que "l’absence totale d’anticipation des chantiers en cours".
L'hebdomadaire en crise appartient également à l'éditeur de presse, tout comme "Elle" et la nouvelle chaîne T18, et est présidé par Denis Olivennes. Ce dernier avait annoncé vouloir trouver un repreneur après avoir profondément remanié l'organigramme du média, s'engageant à l'époque à "maintenir" un magazine "qui défende les valeurs républicaines, sociales et laïques". Pour ce faire, il avait recruté l'ancien présentateur de "Ce soir (ou jamais)" Frédéric Taddeï et Ève Szeftel pour incarner cette nouvelle vision. Mais, plusieurs journalistes, inquiets de ce virage et de l'avenir de "Marianne", avaient fait valoir "leur clause de conscience" pour claquer la porte.
Loin de se laisser déstabiliser, Ève Szeftel indique qu’elle va "continuer à défendre le pluralisme dans les pages du journal et faire droit au souci des faits et à la complexité que nos lecteurs attendent", comme le rapporte l'AFP, qui a eu accès à un message envoyé à la rédaction. CMI France la soutient dans sa défense. Dans un communiqué de presse, le groupe dit "renouveler sa confiance à l’équipe dirigeante et lui demande de poursuivre sa mission de redressement en renforçant le dialogue avec la rédaction". Il rappelle également qu'une "clause de conscience reste ouverte jusqu’à la fin décembre pour les journalistes qui ne souhaiteraient vraiment pas s’inscrire dans le projet actuel".

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