Martine Vassal fustige la décision de France Télévisions© BestImage, Bruno Bebert / Bestimage
Un débat à deux protagonistes, et pas à trois. Contrairement à la direction de BFMTV qui a finalement convié Sophia Chikirou au dialogue qu'elle avait organisé entre Rachida Dati et Emmanuel Grégoire, son homologue de France Télévisions n'a pas dévié de son plan initial. Une incertitude planait sur le contenu du format amené à écourter le "20 Heures" de Léa Salamé, ce jeudi 19 mars, en raison des tiraillements que suscitait la présence ou non de Martine Vassal, arrivée troisième des votes au premier tour du scrutin à Marseille. Mercredi, France 2 avait annoncé que la joute verbale arbitrée par Caroline Roux allait seulement opposer les deux candidats classés en tête dans la cité phocéenne, le maire de gauche sortant Benoît Payan et Franck Allisio, le représentant du Rassemblement National. "C’est dommage pour la démocratie. Quand vous avez trois candidats, vous invitez les trois, ce n’est pas à la presse de déterminer qui a des chances de gagner", avait alors protesté auprès de l’AFP Romain Simmarano, porte-parole et numéro 2 de la liste de Martine Vassal.
Or, selon le groupe audiovisuel public, le format incluait à la base la présidente de la métropole d'Aix-Marseille-Provence. Malgré son engagement à avoir "tout fait" pour ajouter la candidate DVD aux discussions, l'institution dirigée par Delphine Ernotte indique avoir finalement dû maintenir un débat à deux, après le refus de Franck Allisio de participer à une confrontation à trois. Ce dernier a justifié sa position en estimant que Martine Vassal n’avait "strictement aucune chance" de l’emporter au second tour, ayant rassemblé 12,4% des suffrages au premier. "Je ne participerai pas à une mascarade, je participerai à un débat. On ne nous a jamais proposé un débat à trois, on nous a toujours proposé un débat à deux, que ce soit BFM, que ce soit LCI, que ce soit France 2", a-t-il déclaré à l’AFP.
Dans un communiqué écrit ce jeudi, et relayé sur les réseaux sociaux, Martine Vassal estime que "le service public cède aux sirènes du RN". Elle dénonce un "débat verrouillé" et demande "le respect des électeurs", "du pluralisme" et "de la démocratie". La femme politique interpelle également Benoît Payan, l’appelant à "prendre position sur cette injustice". Contacté par "Made in Marseille", son porte-parole Romain Simmarano précise que son équipe continue "à se battre pour qu’elle y soit". Elle aurait même contacté directement le directeur de l'info de France Télévisions et ses équipes ont saisi l’Arcom, le gendarme de l’audiovisuel. À l'instant T, France TV a seulement indiqué que la candidate de droite "disposera d'un temps de parole équitable" dans d’autres formats, conformément aux règles encadrant les campagnes électorales.
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Une situation similaire concernant le débat télévisé d'entre deux tours à Paris avait provoqué l'indignation de La France Insoumise. Le parti de Jean-Luc Mélenchon avait pesté contre l'absence de Sophia Chikirou, pourtant qualifiée pour le second tour, et s'était manifesté auprès du gendarme de l'audivisuel. Or, "en accord avec Rachida Dati et Emmanuel Grégoire", les patrons de BFMTV avaient finalement décidé d'inviter le troisième larron du scrutin.

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