Face à la nouvelle offensive de Rachida Dati, l'association des journalistes de France Télévisions est montée au créneau. "Non Mme Dati, nous ne monnayons aucun témoignage", est titré le communiqué de la SDJ en réaction aux "accusations infondées" portées par la ministre de la Culture contre des reporters de "Complément d'Enquête". Interrogée en commission d’enquête sur l’audiovisuel public, la candidate à la mairie de Paris avait assuré jeudi qu’un ou des éléments du magazine d’investigation phare de France 2 avaient proposé de rémunérer un de ses proches pour un témoignage à charge dans l'épisode qui lui était consacré en juin 2025. "Il y a un journaliste qui est passé par un journaliste tiers qui s’est présenté auprès d’un membre de ma famille comme un journaliste indépendant et en disant : 'si vous avez des choses très à charge concernant madame Dati, on est prêt même à vous indemniser s’il le faut'", avait affirmé l'élue politique, sans fournir de preuve pour étayer ses propos.
Ces allégations sous serment ont irrité la rédaction de France Télévisions, laquelle a condamné cette sortie. "Nous le répétons, les journalistes du service public ne proposent jamais d’argent pour obtenir une information. Cela est contraire aux règles déontologiques auxquelles nous nous tenons en toutes circonstances", a dénoncé la SDJ, qui souligne que l’enquête intitulée "Rachida Dati, la conquête à tout prix", suivie par 892.000 téléspectateurs, n’a pas été menée par "un tiers, ni un journaliste indépendant".
La société, qui renouvelle son soutien aux journalistes attaqués, déplore également cette prise de position, qui "instille le doute sur nos méthodes de travail, et porte atteinte à la liberté de la presse", alors même que la ministre de la Culture "dit soutenir le service public". Les responsables de l'émission, Tristan Waleckx en tête, auront l'occasion de répondre plus amplement à la remise en cause de Rachida Dati à l'Assemblée nationale. Ils sont en effet convoqués par la commission d’enquête sur l’audiovisuel public toute la semaine.
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Le reportage révélait, documents à l'appui, que la ministre aurait perçu 299.000 euros d'honoraires du cabinet d'affaires Gide Loyrette Nouel, lié à GDF Suez (depuis renommé Engie), sans se déporter de votes sur les sujets liés à ce secteur au Parlement européen. Dans une séquence de cette enquête, Rachida Dati traitait les journalistes de "Complément d’enquête" de "voyous", les accusant d’avoir cherché à acheter l’interview d’un membre de sa famille. "J’ai tous les échanges", mettait-elle en garde. La SDJ du groupe public avait une première fois tapé du poing sur la table en dénonçant ces attaques diffamatoires. Elle rapportait également des "menaces, pressions et agressions" de la concernée pour tenter de faire capoter la diffusion du numéro.
Huit mois plus tard, la maire du 7e arrondissement parisien persiste et signe. Interrogée par le député LFI Aurélien Saintoul, elle a affirmé sous serment que "des journalistes se sont adressés à un membre de (s)a famille qui était en grave difficulté". "C’est une réalité puisqu’il y a eu des échanges", a-t-elle ajouté, estimant que ce n’était "plus du journalisme".

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