C'était il y a tout juste une semaine : maintenu à la présentation de son émission de CNews "Morandini Live" malgré sa condamnation pour corruption de mineurs, Jean-Marc Morandini décidait de quitter l'antenne. Au cœur d'une tempête qui agitait les médias depuis la mi-janvier, le présentateur a finalement décidé de se mettre en retrait "afin de rétablir le calme nécessaire au travail de la rédaction". Plusieurs personnalités médiatiques mais également politiques appelaient depuis plusieurs jours son départ, comme Marion Maréchal, Emmanuel Grégoire ou François-Xavier Bellamy.
Avant le départ effectif de Jean-Marc Morandini la semaine dernière, une personnalité politique ne s'était pas prononcée sur la question épineuse de son maintien à l'antenne de CNews : Rachida Dati. La ministre de la Culture n'a en effet, jusqu'à maintenant, pas fermement pris position par rapport à ce dossier. C'est dans un article fleuve publié le 13 février par "Libération" que l'on en touche du doigt la raison : l'importance, pour la femme politique, de ménager "la Bollosphère", comprendre les médias passés sous la coupe de Vincent Bolloré, parmi lesquels la chaîne CNews. La candidate LR pour la mairie de Paris connaît en effet bien l'état major des médias de la galaxie Bolloré, selon le quotidien qui relate une anecdote précise. "[Rachida Dati] scalpe l'éditorialiste [de France Inter], Patrick Cohen, qui a pointé la faiblesse de sa réforme [de l'audiovisuel public], l’accusant soudain, sur France 5, de harcèlement, sur la foi d’un article de 'Mediapart'. Saillie préparée, buzz énorme, illico repris sur CNews, pour le plus grand plaisir de Dati, et des dirigeants des médias Bolloré qu’elle connaît bien. Et la ministre, quand on l’enjoint de dénoncer le maintien à l’antenne de Morandini, condamné pour corruption de mineurs, baisse le regard : 'Impossible de me mettre à dos la Bollosphère'", lit-on dans "Libération". "Cette dernière la préserve alors que 'Libération', 'l’Obs', Complément d’enquête, BFM, révèlent ses contrats passés, ses méthodes, ses pressions tous azimuts".
Ce lundi 16 février, la ministre de la Culture était l'invitée d'Europe 1 pour la Grande interview, la première de Laurence Ferrari qui remplace à ce poste Sonia Mabrouk, qui a démissionné de la station et de CNews quelques jours plus tôt, après des tensions survenues justement parce qu'elle s'opposait au maintien de Jean-Marc Morandini à l'antenne. Dans cet entretien ce lundi, aucune référence n'aura été faite à l'affaire Jean-Marc Morandini, les échanges portant plutôt sur la mort du jeune Quentin en marge d'une conférence de l'eurodéputée Rima Hassan à Lyon et sur la campagne de Rachida Dati pour la mairie de Paris.

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