Droit de réponse. Le 25 février dernier, les médias, dont le notre, rapportaient l'échange houleux entre Charles Alloncle et Hugo Clément à l'Assemblée nationale, dans le cadre de l'audition du journaliste sur le fonctionnement de l'audiovisuel public. Le rapporteur de cette commission d'enquête avait interrogé l'incarnant de "Sur le front" sur son réel engagement écologique et l'avait mis face à ses contradictions en l'interpellant sur les frais d'avions pour les besoins de son émission consacrée aux défis environnementaux. "Sur les billets d’avion, il y a à peu près une centaine de milliers d’euros qui a été facturée dont notamment près de 20.000 euros de vols internes", s'était étonné le député de l'Hérault, demandant au concerné d'expliquer ce décalage entre "une exigence personnelle de ne pas prendre l’avion" et "plus d’une centaine de milliers d’euros qui concernent notamment des dépenses d’avion".
À la suite de la publication de notre article, la société Winter Productions, qui produit le magazine avec la participation de France Télévisions, nous a contacté afin d’y apporter des précisions et de "rétablir la vérité". "Les 'près de 100.000 euros' évoqués correspondent aux dépenses de transport en général de l’émission pour toutes les équipes de tournage, dont 80% des trajets sont des voyages en train", indique l'entreprise fondée par Hugo Clément et Régis Lamanna-Rodat. Avant d'expliquer les autres chiffres avancés par Charles Alloncle : "Les '20.000 euros' évoqués correspondent en fait à une ligne budgétaire prévisionnelle uniquement de trajets en train en France (même si elle a, semble-t-il, été indexée comme 'vol interne'). Le budget taxi évoqué ne se limite pas aux taxis parisiens mais à toutes les dépenses de taxi lors des reportages en France et à l’étranger. Les dépenses de taxis parisiens correspondent principalement aux aller/retour entre les gares et le bureau, pour les équipes de tournage".
Dans l'Hémicycle, le reporter du service public, recruté dans "Quelle époque!", s'était défendu en plaidant des besoins logistiques pour mener le travail d'enquête de son équipe. Il avait aussi loué un modèle tendant vers l'exemplarité. "On essaye d’y être attentifs et on essaye, le plus possible, de réduire notre bilan environnemental", exhortait-il. Un mantra répété par sa boîte de production dans son mail : "Depuis le début de 'Sur Le Front', nous limitons au maximum les trajets en avion et nous sommes très attentifs à ce sujet. A titre d’exemple, pour le documentaire diffusé en janvier 2026 sur les eaux usées qui ne comportait pas de séquence à l’étranger, l’intégralité des déplacements a été réalisée en train. Nous n’avons utilisé aucun avion".
Pendant l'audition, le rapporteur de ce travail parlementaire a également rappelé à Hugo Clément qu'il avait été "accusé par la communauté scientifique ou par des experts mandatés de déformation ou de complotisme, de propos mensongers et démagogiques". "Ça arrive" a reconnu l'animateur et producteur de "Sur le front", revenant sur le cas d'un numéro intitulé "Faut-il avoir peur pour nos glaciers ?" Sur l’émission en cause, "nous avons été soutenus par beaucoup plus de glaciologues que les quelques glaciologues qui ont remis en question les conclusions de l’enquête", a-t-il affirmé. "Encore une fois, notre documentaire avant diffusion, comme je le disais en introduction, a été vu par un certain nombre d’experts, un certain nombre de glaciologues qui n’ont rien trouvé à y redire, et nous l’avons donc diffusé", a-t-il conclu.

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