"Mon licenciement est annulé par la Cour d'appel de Paris". C'est ainsi que Stéphane Guy avait annoncé son retour à Canal+ fin juin dernier, sur le plateau de "L'Équipe du soir". Le commentateur sportif avait été licencié en décembre 2020 pour avoir publiquement soutenu son collègue Sébastien Thoen, écarté de Canal+ après une parodie de "L'heure des pros" de CNews.
Dans une interview accordée à "L'Équipe" ce dimanche 19 juillet, Thomas Sénécal, directeur des sports de Canal+, a été interrogé sur la réintégration du présentateur pour la rentrée. "Nous exécuterons bien sûr cette décision", confirme-t-il. "Mais nous n'avons pas encore échangé de manière précise sur ses missions", précise le directeur. Le 25 juin dernier, la Cour d'appel de Paris a annulé le licenciement pour "prise de parole sans autorisation" de Stéphane Guy. En plus de devoir accueillir le commentateur dans ses rangs, le groupe Canal+ est condamné à verser à son ancien commentateur plus de 700.000 euros, notamment au titre de rappels de salaires.
Tout avait commencé le 5 décembre 2020, en pleine mi-temps d'un match de Ligue 1. À l'antenne, Stéphane Guy avait adressé un message de soutien à son collègue Sébastien Thoen, alors récemment évincé de Canal+. "Je veux saluer l'ami Sébastien Thoen qui n'a pas eu la sortie qu'il aurait méritée (…) On lui souhaite bon vent", avait-il déclaré, avant de citer Coluche : "Il faut se méfier des comiques, parce que quelquefois, ils disent des choses pour plaisanter." Une courte intervention qui lui a valu un licenciement immédiat.
À l'époque, le président de Canal+, Maxime Saada, avait vivement critiqué l'attitude du journaliste. "Stéphane, je lui avais dit plusieurs fois que ce n'était pas son antenne, qu'il ne pouvait pas l'utiliser pour dire des choses qui lui passaient par la tête. Moi-même, je ne me suis jamais permis ça", déclarait-il dans "L'Équipe" en mars 2021. Il réitérait sur RMC : "Je considère qu'un journaliste ne s'approprie pas l'antenne de Canal."
Mais la décision de la chaîne avait été loin de faire l'unanimité. En interne, près de 150 salariés avaient signé un communiqué dénonçant une atteinte à la liberté d'expression. Environ 70 d'entre eux, pour la plupart issus de la rédaction des sports, s'étaient rassemblés brièvement devant les locaux, masqués à l'effigie de Stéphane Guy. Leur mot d'ordre : "Nous sommes tous des Stéphane Guy potentiels", dans un texte pointant un climat de peur et réaffirmant leur attachement à la liberté d'expression.
Interrogé en plateau dans "L'Équipe du soir", le journaliste a confirmé l'annulation de son licenciement, glissant avec humour : "À la rentrée, il faudra que je demande l'autorisation de Canal [de venir sur la chaîne L'Équipe] car je devrais commenter un match là-bas." Avant de conclure : "Une pensée à tous mes camarades qui, dans cette triste affaire Thoen, ont perdu leur emploi. Une trentaine d'entre eux, malheureusement, n'ont pas été réintégrés. Grosse pensée à eux, et vive la liberté d'expression, qui a été saluée par la Cour d'appel de Paris."

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