"Le Gorafi" lance une édition papier
Pour une fois, Le Gorafi est très sérieux: alors que la presse bascule massivement vers le numérique, le site satirique lance un journal papier mensuel à partir d'avril, pour "s'affranchir des algorithmes" des réseaux sociaux, qui limitent sa visibilité en ligne. Ce Gorafi version papier, qui compte 16 pages, est disponible sur abonnement (6,99 euros le numéro ou 71,88 euros pour un an) et dans les kiosques d'ici jeudi.
La raison de ce lancement ? "D'abord, c'est pour gagner beaucoup d'argent ! Et la deuxième, c'est de s'affranchir des algorithmes, qui resserrent le débat sur les réseaux sociaux", explique à l'AFP le fondateur du Gorafi, Sébastien Liebus. Les algorithmes sont les codes informatiques grâce auxquels fonctionnent les réseaux sociaux, et qui définissent ce que voit l'utilisateur. Or, "sur toutes les plateformes", comme Facebook, Instagram ou X, "des abonnés nous disent ne plus nous voir dans leur fil pendant parfois plusieurs mois, on disparaît quasiment en termes de visibilité", développe M. Liebus. "La plateforme décide de ce que vous allez voir et n'allez pas voir".
Autre problème selon lui : la "censure" instaurée par les programmes de modération de contenus des plateformes. Fondés sur l'intelligence artificielle (IA), ces programmes "ne comprennent pas le sarcasme, la satire". "Par exemple, si on fait ce titre qui date d'il y a quelques années, 'Un nazi exclu de son groupe de skinheads parce qu'il trace mal une croix gammée', le modérateur IA détecte le mot 'nazi' et estime que ça contrevient aux conditions d'utilisation", poursuit le fondateur du Gorafi, dont le nom pastiche celui du Figaro.
Pour toutes ces raisons, le papier est, selon lui, l'occasion "de se rapprocher des lecteurs". A chaque numéro, le journal proposera des contenus exclusifs. Au bout d'un mois, ils seront également publiés sur le site legorafi.fr. Au menu du N.1, des articles écrits dans le style surréaliste qui a fait le succès du Gorafi en ligne: "Disneyland Paris: Dingo euthanasié après avoir mordu un visiteur" ou "Pour faire face à la montée des eaux, Donald Trump recommande de construire de plus gros yachts".
Quelques pages après, une fausse pub vante les "croquettes pour rottweiler Trufina, saveur nourrisson". Lancé en 2012, Le Gorafi fonde son modèle économique sur la publicité en ligne, la vente annuelle de livres best-of et des collaborations avec des marques. Propriété du groupe de médias numériques DC Company, qui détient aussi Konbini, il emploie une douzaine de pigistes.

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