Vingt ans après le lancement d’"Enquête exclusive", Bernard de la Villardière s’apprête à souffler les bougies de l’un des plus anciens magazines de reportages de M6. L’émission diffusée ce dimanche soir propose un numéro consacré au nouvel équipement des armées, notamment celui de l’Ukraine. À cette occasion, l’animateur s’est confié au "Figaro", revenant sur deux décennies de journalisme de terrain tout en donnant son avis sur le paysage audiovisuel actuel.
Interrogé sur la longévité exceptionnelle de son programme, Bernard de la Villardière revendique son ton, souvent moqué : "Les critiques ne m’ont pas vraiment touché. C’est la rançon de la gloire". Et s’il avoue songer à la retraite (pas avant deux ans cependant), il reste avant tout un observateur engagé du monde médiatique.
Récemment nommé directeur général adjoint de l'ESJ Paris, l’animateur rejoint une école désormais détenue par plusieurs géants des médias français – Banijay, LVMH, Bolloré, Dassault… – et pilotée par une équipe à forte coloration conservatrice, où figurent notamment Sonia Mabrouk, Jérôme Béglé et François d’Orcival. La nomination de cette nouvelle direction, actée fin 2024, a suscité de vifs débats sur la politisation du journalisme.
Interrogé sur ses chaînes d'information en continu favorites, le journaliste cite pêle-mêle "LCI, BFM TV et CNews", qu’il décrit comme "complémentaires". "LCI pour l’international, BFM pour la politique et CNews pour les thèmes d’aujourd’hui : l’insécurité, l’islamisme, l’immigration, des sujets pas forcément traités ailleurs", détaille-t-il. Face à ceux qui qualifient CNews de "chaîne d’opinion", il répond : "Non, pas plus qu’une autre. À ce moment-là, France Inter est aussi une radio d’opinion. On essaie de discréditer une chaîne qui a trouvé sa place dans le paysage audiovisuel français en devenant la première chaîne info de France."
Une déclaration qui intervient alors que Delphine Ernotte-Cunci, présidente de France Télévisions, mène un bras de fer avec la chaîne du groupe Bolloré. Dans une interview au "Monde", elle dénonçait récemment une "violence verbale" et une "campagne de dénigrement systématique" menée contre l’audiovisuel public par CNews et Europe 1. "La galaxie Bolloré veut la peau du service public", affirmait-elle, allant jusqu’à qualifier la chaîne d’"extrême droite".
Pour Harry Roselmack, présentateur de "Sept à Huit" sur TF1, la ligne éditoriale du canal 16 de la TNT est assumée : "Oui, CNews est une chaîne d’opinion, mais elle ne s’en cache pas. Ce n’est pas un problème, tant que c’est transparent." Même constat pour Benjamin Duhamel, fraîchement arrivé sur France Inter, qui distingue "le travail d’un intervieweur de CNews de celui d’un journaliste de BFM ou du service public". Des propos qui lui ont valu une réplique immédiate de Pascal Praud sur Europe 1 : "Nous témoignons de la réalité, et les autres ne veulent pas le faire. Ce combat culturel, il est essentiel."

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