Ce n'est plus un secret : la météo n'est pas très clémente pour les fictions du côté de France Télévisions. Le groupe piloté par Delphine Ernotte doit, depuis plusieurs mois, engager de sérieuses économies qui touchent, entre autres, le département de la création. Des économies, l'entité devra également en faire beaucoup en 2027, comme s'en était ouverte la présidente de France Télévisions au "Monde" en fin de semaine dernière. Malgré ces impératifs et l'arrêt de nombreuses séries ces derniers mois ("A priori", "Disparition inquiétante", "Face-à-face"...), le groupe public continue de miser sur la création en s'appuyant sur la force du streaming, et de nouvelles créations tricolores, majoritairement des mini-séries, seront bientôt proposées aux téléspectateurs.
Les fidèles des chaînes de France Télévisions l'ont sans doute remarqué : depuis plusieurs années, le catalogue de fictions proposées exclut les fictions américaines, pour laisser toute la place aux nouveautés ou rediffusions françaises. "On a complètement oublié, mais il y a cinq ans on diffusait beaucoup de séries américaines sur les antennes de France Télévisions, a rappelé Stéphane Sitbon-Gomez, directeur des antennes et des programmes de France Télévisions, lors d'une conférence organisée durant le Festival de la fiction de La Rochelle, qui s'est tenu la semaine dernière. On était pendant longtemps même à 50/50 entre fiction française et fiction américaine. Il y a cinq ans, ça a été une des premières décisions, c'est un engagement que notre présidente avait pris devant l'Arcom en 2020, de dire on arrête la diffusion de séries américaines sur les antennes de France Télévisions. On l'a fait en 2020, et encore beaucoup de gens disaient : 'Ils sont tarés à France Télé !'".
Un arrêt qui a été doublé d'une nouvelle ambition, comme le rappelle le dirigeant : "À ce moment-là en plus, on a dit qu'on allait essayer de faire des coproductions internationales, donc ce n'était même pas qu'on allait acheter [les programmes] à l'étranger, mais qu'en plus eux allaient nous acheter nos séries. C'était ça notre ambition. On y est presque ! Les chiffres de l'export ne sont pas encore là où on voudrait qu'ils soient, mais on a porté ce projet-là ", a-t-il conclu avec fierté, après avoir souligné le talent des équipes ayant monté ces dernières années les projets de fictions pour le groupe public.