C'est l'un des évènements de ce Festival de Cannes 2026 : la projection du film de László Nemes "Moulin", consacré aux derniers jours du résistant, président du Conseil national de la Résistance, tombé aux mains de la Gestapo en 1943 et torturé par les nazis. Le long-métrage porté par Gilles Lellouche, Lars Eidinger et Louise Bourgoin, qui sortira en salles le 28 octobre, a été montré aux festivaliers le dimanche 17 mai.
Ce jeudi 21 mai, Gilles Lellouche et László Nemes étaient les invités de Benjamin Duhamel dans la matinale de France Inter pour évoquer le film. Mais le journaliste a profité de l'entretien pour interroger Gilles Lellouche au sujet de la pétition du collectif Zapper Bolloré, parue dans "Libération" il y a quelques jours, et dénonçant la future mainmise du milliardaire breton sur les salles de cinéma UGC. Signée par plus de 600 professionnels du monde du cinéma, comme Juliette Binoche, Raymond Depardon ou Swann Arlaud, la pétition a fortement déplu au président du directoire de Canal+ (qui a pour actionnaire principal Vincent Bolloré), Maxime Saada. "J'ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s'attachent à défendre l'indépendance de Canal+, dans toute la diversité de ses choix, avait lancé le dirigeant depuis le Festival de Cannes il y a quelques jours. En conséquence, je ne travaillerai plus, je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition. [...] Je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste, je suis désolé, la limite, pour moi elle est là."
Interrogé sur cette pétition, la décision de Maxime Saada et les propos du président du Centre National du Cinéma et de l'image animée (CNC) qui avait déploré un "gâchis" quelques jours plus tôt sur France Inter, Gilles Lellouche a déclaré : "Je pense qu'il y a une réaction un petit peu épidermique de Canal face à cette pétition qui ne met pas assez en relief le fait que Canal , pour ceux qui font du cinéma, a les mêmes interlocuteurs depuis 15, 20 ans, a débuté l'acteur. Il y a une grande diversité dans ce que produit Canal+.[...] Je pense qu'il y a une forme d'injustice ressentie de la part de Canal+. Par contre, je pense que l'on est dans un pays où chacun a le droit de s'exprimer, notamment de signer des pétitions. Donc c'est deux injustices qui s'additionnent et effectivement, c'est un gâchis", a-t-il conclu.

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