Depuis 2023, Léna Mahfouf, alias Léna Situations, arpente le tapis rouge du Festival de Cannes. Créatrice de contenus suivie par cinq millions de personnes sur Instagram, entrepreneuse reconnue et figure majeure de la mode, elle s'est pourtant retrouvée au cœur d'une polémique inattendue en mai dernier.
Car cette année, la jeune femme avait opté pour une tenue signée The Row : une robe blanche ample, épurée, accompagnée d'un foulard posé sur les cheveux. Un look minimaliste, salué pour son élégance et que certains ont interprété - à tort - comme une référence culturelle ou religieuse que Léna, d'origine algérienne, n'a jamais revendiquée.
La séquence a pris une tournure nettement plus politique lorsque, le même jour, un rapport parlementaire sur "l'entrisme" des Frères musulmans a été publié. Sur le plateau de CNews, Christine Kelly a alors établi un parallèle entre cette actualité et la tenue de l'influenceuse : "En 2024 elle était en décolleté, et en 2025 elle était un peu à la mode des frères musulmans", a-t-elle lancé, photos à l'appui. Avant d'ajouter, en référence à une autre robe plus fendue publiée ensuite par Léna : "Elle joue un peu, de temps en temps, le petit côté sexy, de l'autre le côté djellaba."
Léna Situations avait réagi sur Instagram, empreinte d'ironie : "Avec tout ce qui se passe dans le monde, venez on parle de la tenue de Léna Situations. À la mode des frères musulmans… CNews j'hallucine." La veille déjà, la secrétaire générale du groupe Renaissance, Deborah Abisror-De Liem, avait ouvert la voie à la polémique sur X en opposant deux photos de Léna — l'une dévoilée en 2024, l'autre en 2025 — pour illustrer ce prétendu "entrisme" passant "par les codes vestimentaires". Face au tollé, elle a retiré son message et présenté ses excuses, reconnaissant "une erreur" et un exemple "maladroit".
Mais la blessure, elle, est restée. Invitée lundi 17 novembre dans "La Grande matinale" de France Inter pour parler de la sortie de son deuxième livre "Encore mieux", Léna Mahfouf est revenue sur l'épisode : "Tout ça m'est passé en travers de la gorge. Pas parce que c'est une attaque personnelle, mais parce que c'est une attaque contre toutes les femmes. Quand je vois ça, mon cœur saigne pour toutes les femmes musulmanes en France. Je portais juste une robe ample et un foulard dans les cheveux, ce n'était pas une djellaba."
Elle rappelle que les critiques contradictoires sur ses tenues n'ont rien de nouveau. Lors de sa première montée des marches, vêtue d'une robe Vivienne Westwood plus révélatrice, elle avait subi un flot d'insultes grossophobes et sexistes : "Quelle fut ma surprise de me rendre compte que ce type de robe n'était pas accepté sur internet avec mon corps." Au-delà de son cas, l'influenceuse de 27 ans dénonce une islamophobie banalisée : "Le racisme et l'islamophobie sont tellement décomplexés qu'on va être islamophobe avec une femme qui n'est même pas musulmane". Puremédias vous propose de visionner l'extrait ci-dessus.
"Moi, je suis hyper exposée donc j'ai la chance après d'avoir plein de messages d'amour, mais toutes les femmes musulmanes qui vivent ces micro-agressions toute la journée, elles ne les ont pas. Elles vont rentrer chez elles avec leur voile où il va y avoir du crachat dessus". Avant de conclure : "Je ne peux pas me taire et je ne peux pas faire comme si de rien n'était parce qu'en réalité, maintenant, je suis un peu anesthésiée à toute la haine en ligne".

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