Une large promotion, le quatrième score d'audience historique avec 1,09 million de curieux et des polémiques... Le 27 novembre dernier, France 2 diffusait le numéro très attendu de "Complément d'enquête" sur "La méthode CNews". L'autopsie de la journaliste Lilya Melkonian sur l'orientation éditoriale de la chaîne d'info avait fait couler beaucoup d'encre avant et après sa retransmission. Une enquête documentée de plusieurs mois, permise notamment grâce à une étude commandée par Reporters sans frontière (RSF). Or, fait inhabituel, l'Arcom avait réagi à chaud pour démentir les chiffres avancés par l'association. À la hâte, les équipes du magazine d'investigation avaient dû couper une partie de son film, celle consacrée à la compensation la nuit du temps de parole politique.
Plus de sept mois plus tard, le gendarme de l'audiovisuel a rendu son verdict concernant cet imbroglio qui l'a sorti de sa neutralité habituelle et des critiques escortant cette passivité. Dans une décision rendue publique le 7 juillet, le régulateur a rappelé à l'ordre la chaîne et l'émission incarnée par Tristan Waleckx. Les Sages considèrent notamment "qu’il aurait été opportun d’informer le public du caractère contesté des chiffres de Reporters sans frontières (RSF) sur la répartition du temps de parole des personnalités politiques". Toutefois, puisque "les informations apportées avaient été étayées au moyen de sources identifiées" et que "CNews avait été invitée, par l’intermédiaire de ses représentants ou de ses salariés, à faire connaître son point de vue quant aux faits allégués", ils jugent qu'il n'y a eu aucun manquement aux obligations d'honnêteté et de rigueur.
Avant la diffusion de ce reportage dézingué par Pascal Praud, l'Arcom avait indiqué ne pas avoir constaté de "contournement des règles du pluralisme politique sur le mois de mars 2025" sur la chaîne de la galaxie Bolloré, contrairement à ce qu'avait affirmé la veille l’organisation RSF. Celle-ci avait annoncé son intention de saisir le régulateur en accusant CNews de "tricher" avec ces règles en reléguant aux heures nocturnes le temps de parole de responsables de gauche comme La France insoumise ou le Parti socialiste. L'instance de régulation avait contesté la méthodologie utilisée par l'ONG et lui avait donné tort. Le numéro avait donc été remonté en catastrophe sans le chapitre concerné. "Étant dans l’impossibilité technique de rajouter cet élément contradictoire aussi près de l’heure de diffusion de l’émission, nous n’avons eu d’autre choix que de couper la séquence concernée. Notre priorité étant toujours de respecter le contradictoire", avait communiqué la chaîne publique.
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