La presse d'information monte au créneau. Depuis plusieurs semaines, et dans le contexte des élections municipales du 15 et 22 mars prochains, les médias de presse écrite deviennent la cible d'attaques violentes sans précédent émanant du monde politique et amplifiée par les citoyens sur les réseaux sociaux. Dans une tribune commune, publiée mercredi par plusieurs journaux, dont "Libération", "Ouest-France", "L'Équipe" ou encore "La Croix", l’Alliance de la presse d’information dénonce la "polarisation du débat public", qui fait de la presse le "bouc émissaire" de "toutes les colères".
Face à cette "lente dérive", elle appelle les responsables politiques, associatifs et syndicaux à se mobiliser face à cette régression démocratique. "En cette période électorale, les médias doivent faire face au quotidien à la polarisation d’un débat public, alimentée par une parole politique parfois violente et décomplexée", souligne l'association créée en mai 2012, laquelle énumère des "attaques verbales et des agressions physiques contre les journalistes dans l’exercice de leur mission, des dégradations sur les locaux de nos médias, des campagnes de harcèlement orchestrées sur les réseaux sociaux".
À travers cette publication, les membres de l'organisme collectif, qui regroupe près de 300 quotidiens français, souhaitent "défendre publiquement la liberté d'informer et condamner toute forme de pression sur les journalistes". Ils ont notamment constaté une dégradation du libre accès à toutes les sources d'information. Fin février, les syndicats de journalistes SNJ, CGT et CFDT avaient défendu ce principe, qualifié "d'enjeu démocratique", après que Jean-Luc Mélenchon a choisi de restreindre l'accès à ses conférences de presse. Lors d'un meeting tenu à Lyon, le leader de La France Insoumise avait critiqué les médias qu'il avait qualifiés de "croûtons". Ses relations avec la presse se sont envenimées depuis la mort du militant d'extrême droite radicale, Quentin Deranque.
"Ces atteintes à la liberté de la presse et au libre exercice du métier d'informer sont d'autant plus intolérables qu'elles sont parfois le fait d'élus de la Nation qui écartent nos journaux de leurs collectivités, nous dénigrent ou font pression sur nos rédactions", insiste l'Alliance, sans citer d'exemple. Elle martèle : "Sous d'autres cieux moins cléments en termes de libertés publiques, on dénoncerait ces excès et ces violences. En France, l'opinion publique a pris la mesure du danger : 65% des Français estiment que la liberté de la presse est menacée."

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