TV
CNews à nouveau sanctionnée par l'Arcom : 200.000 euros d'amende pour incitation à la haine fondée sur l'origine et la religion
Publié le 30 juillet 2026 à 10:16
Suivez Puremédias sur Google Ajoutez Puremédias à vos sources préférées
La chaîne du groupe Canal+ a une nouvelle fois été épinglée par l'autorité de régulation et écope d'une sanction pécuniaire après deux séquences diffusées dans l'émission "100% Politique".
Extrait de "L'Heure des Pros été" ce lundi 27 juillet 2026 sur CNews / Eric Brocardi, porte-parole de la Fédération des sapeurs pompiers de France, très ému © CNEWS, Capture d'écran CNews

Un peu plus d'un mois après sa mise en demeure pour représentation d'un "courant de pensée prédominant", la chaîne CNews se retrouve, une nouvelle fois, interpellée par l'Arcom. Cette fois, l'autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique a décidé de sanctionner financièrement la chaîne du groupe Canal+, pour "incitation à la haine fondée sur l’origine et la religion". Cette décision se base sur deux séquences datant de juin et de septembre 2025, et diffusées dans l'émission "100% Politique".

Deux séquences sanctionnées par l'Arcom

Dans la première séquence, plusieurs chroniqueurs de CNews dont Erik Tegnér avaient été amenés à commenter les violences commises en marge de la victoire du Paris Saint-Germain en finale de la Ligue des Champions. Le fondateur du média identitaire "Frontières" n'avait alors pas hésité à qualifier les causeurs de troubles de "barbares", terme utilisé par le ministre de l'Intérieur de l'époque Bruno Retailleau. "C’est important ce qu’il dit. Quand il dit le mot ‘barbare’, ça veut dire quoi ? C’est-à-dire qu’il parle de gens qui n’ont pas la même civilisation que nous. C’est ça l’étymologie du mot barbare. Donc moi, je veux bien qu’on parle de justice, qu’on parle de forces de l’ordre, mais on ne va pas mettre tout le monde dans les prisons. Le problème, il est civilisationnel", avait notamment soutenu Erik Tegnér avant de soutenir "à 100%" des propos d'Éric Zemmour, dont une vidéo avait été diffusée à l'antenne. "Ils cassent, ils pillent, ils volent, ils agressent, ils brûlent. […] Ils sont pour la plupart des enfants de l’immigration arabo-musulmane. […] Ils détestent la France et les Français. Les Blancs, les ‘Gwers’ sont leurs ennemis […] Si nos casseurs du samedi soir méritent le nom de barbares, c’est bien dans la tradition des barbaresques, comme on disait au XVIIème siècle, évoquait notamment le président du parti Reconquête.

Pour l'Arcom, CNews a failli à deux reprises dans cette séquence, d'abord en ne maîtrisant pas les propos d'Eric Tegnér, ensuite en diffusant l'extrait vidéo d'Eric Zemmour sans apporter suffisamment "d'éléments de contexte et de contradiction". "Ont ainsi été diffusés sans contradiction suffisante des propos qui véhiculent des stéréotypes particulièrement infamants et inquiétants à l’encontre des personnes supposées issues de l’immigration, qui sont présentées comme un élément irréductiblement allogène au sein de la population française, constituant pour le reste de celle-ci, en raison d’une particulière propension à la violence et d’un ressentiment qui trouveraient leur racine dans leur appartenance à une 'civilisation' étrangère, un danger grave et croissant", affirme l'autorité de régulation. 

Les propos d'Erik Tegnér pointés du doigt

La seconde séquence litigieuse concerne une nouvelle fois Erik Tegnér, qui avait commenté à l'antenne le comportement et la tenue vestimentaire d'une élue de Molenbeek-Saint-Jean, en Belgique. "Si ces gens-là, qui portent des tissus […] si on dérange tant que ça, si on ne veut même plus nous voir, […] si à Molenbeek c’est si invivable, changez de bord, quoi, allez-y ailleurs, dégagez", avait notamment lancé le fondateur de "Frontières". "Si les intervenants ont pris des précautions dans la formulation de certains des propos litigieux, celles-ci apparaissent insuffisantes pour en atténuer le fort caractère stigmatisant, alors qu’aucune contradiction ou mise en perspective n’a été apportée par le présentateur ou les autres personnes présentes en plateau", a déploré l'Arcom.

Pour les manquements cités ci-dessus, CNews écope donc d'une amende de 200.000 euros. Interrogée par l'AFP, la chaîne a précisé qu'elle allait solliciter un recours devant le Conseil d’État.

Articles liés
"Une menace particulièrement grave pour l'ordre public" : Xenia Fedorova, chroniqueuse pro-russe de CNews, visée par une mesure d'expulsion
"Une menace particulièrement grave pour l'ordre public" : Xenia Fedorova, chroniqueuse pro-russe de CNews, visée par une mesure d'expulsion
"Leur courage ne sera pas oublié" : Le porte-parole des sapeurs-pompiers ému aux larmes sur CNews en évoquant la lutte contres les incendies en Gironde
"Leur courage ne sera pas oublié" : Le porte-parole des sapeurs-pompiers ému aux larmes sur CNews en évoquant la lutte contres les incendies en Gironde
"Un manque d’honnêteté" : L’Arcom met en demeure la chaîne CNews après une soirée sur Rachida Dati durant les élections municipales
"Un manque d’honnêteté" : L’Arcom met en demeure la chaîne CNews après une soirée sur Rachida Dati durant les élections municipales
Par Fanny Petoin | Journaliste
Dans un monde idéal, Fanny aurait déjà remporté deux saison de "Koh-Lanta" mais le destin en a decidé autrement. Née dans les années 80, elle milite pour le retour de "Qui est Qui", de "L'or à l'appel" mais aussi pour la disparition des téléfilms de Noël (surtout quand ils sont diffusés dès le mois d'octobre).
Mots clés
TV