C'est une petite phrase qui avait provoqué un tollé. Dimanche 15 mars, alors qu'elle commentait les résultats du premier tour des élections municipales sur le plateau de Franceinfo, l'éditorialiste de France Télévisions Nathalie Saint-Cricq avait lâché "Alias Benito" juste avant la prise de parole, à l'antenne, du député UDR Eric Ciotti. Deux mots soufflés alors que la journaliste pensait son micro éteint, faisant une référence direct au dictateur fasciste italien Benito Mussolini, et qui avaient été relevés par de nombreux téléspectateurs. Peu après, Nathalie Saint-Cricq avait fait ses excuses à l'antenne : "J’ai tenu tout à l’heure à l’antenne des propos qui étaient inappropriés et déplacés, qui relèvent d’un manque de discernement de ma part", avait-elle lancé, quelques minutes après la publication sur le réseau social "X" d'un premier message d'excuses de France Télévisions : "Nous présentons nos excuses à Éric Ciotti pour un propos inapproprié et déplacé prononcé sur notre antenne par une journaliste de la rédaction de France Télévisions", pouvait-on lire.
Lundi 16 mars, on apprenait que les excuses de Nathalie Saint-Cricq n'avaient pas suffi : selon "Le Parisien", la sortie de la journaliste a provoqué un tollé au niveau de la direction du groupe France Télévisions et a sucité la colère de Philippe Corbé, le nouveau patron de l'information du groupe public. Nathalie Saint-Cricq est donc suspendue d'antenne durant une semaine, et ne couvrira pas le second tour des élections municipales sur Franceinfo.
Jusque-là silencieux par rapport à cet incident, Eric Ciotti a pris la parole, le lundi 16 mars, dans le talk-show de Cyril Hanouna "Tout beau, tout n9uf", sur W9. "C'est naturellement un peu désespérant, a commenté le candidat à la mairie de Nice. Soit on le prend comme un a priori idéologique, ce qui est possible et ce qui globalement existe quand même dans le service public, parce qu'il y a une hostilité dominante à ce que pensent aujourd'hui une majorité de Français. C'est extrêmement regrettable si c'est le cas. Mais je connais bien Nathalie Saint-Cricq, et objectivement, comme vous, j'ai toujours eu des relations cordiales avec elle, a-t-il poursuivi, s'adressant à Cyril Hanouna. Je ne sais pas si c'est un trait d'humour. Elle s'est excusée à l'antenne, elle s'est excusée auprès de moi. Delphine Ernotte [la président du groupe France Télévisions, ndlr] m'a appelée ce matin pour s'excuser également au nom de France Télévisions, j'ai eu le directeur de l'information Philippe Corbé... donc pour moi, on passe l'éponge." Le député UDR a poursuivi, portant au passage une charge le groupe audiovisuel public : "Il faut que le service public soit plus que jamais animé par un esprit de neutralité dont il s'est départi depuis trop longtemps. Si vous [Cyril Hanouna] vous aviez dit ça, si CNews avait dit ça, on aurait eu un tollé général, l'Arcom se serait déjà saisi [....] On a l'impression qu'il y a un deux poids, deux mesures", a-t-il conclu, rappelant que le service public est financé par le contribuable. Pour rappel, c'est Eric Ciotti qui est à l'origine de la commission d'enquête sur la neutralité du service public, débutée en novembre dernier et cadre fréquemment d'échanges houleux entre les députés et les auditionnés.

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