La dynastie Duhamel était bien représentée pour commenter la soirée du premier tour des élections municipales, ce dimanche, entre Alain sur BFMTV, son frère Patrice sur LCI, l'épouse de ce dernier, Nathalie Saint-Cricq, sur Franceinfo, et Benjamin, le fils de Nathalie Saint-Cricq et Patrice Duhamel sur France 2.
Et c'est Nathalie Saint-Cricq qui a suscité la polémique après des propos qu'elle pensait tenir hors antenne. Aux alentours de 22h, alors que la présentatrice Myriam Encaoua annonçait l'intervention en direct d'Eric Ciotti depuis son QG de campagne Nice, la journaliste expérimentée, pensant son micro fermé, a lancé à voix basse un "alias Benito", en référence à Mussolini, l'homme ayant fait sombrer l’Italie dans le fascisme. Ce surnom peu amène a ainsi été entendu à l'antenne, repéré par les internautes qui ont largement relayé la courte séquence sur les réseaux sociaux.
Dans un premier temps, la chaîne d'actualité en continu du service public n’a pas confirmé officiellement l’identité de l’éditorialiste à l’origine de la remarque, mais a fait acte de contrition. "Nous présentons nos excuses à Éric Ciotti pour un propos inapproprié et déplacé prononcé sur notre antenne par une journaliste de la rédaction de France Télévisions", pouvait-on lire sur une publication partagée sur X.
Un peu plus tard dans la soirée, Nathalie Saint-Cricq a reconnu ses torts et a présenté ses excuses en plateau au député du parti UDR. "J’ai tenu tout à l’heure à l’antenne des propos qui étaient inappropriés et déplacés, qui relèvent d’un manque de discernement de ma part", a-t-elle lu. Eric Ciotti, qui prône un rapprochement entre Les Républicains et le Rassemblement national, est arrivé largement en tête des votes dans la cité azuréenne, recueillant 43,43 % des suffrages exprimés selon le ministère de l’Intérieur, contre 30,92 % pour le maire sortant Christian Estrosi (Horizons).
Au cours de la soirée, l'un des visages réguliers des soirées politiques de France Télévisions a aussi été critiquée pour une autre remarque visant cette fois-ci La France insoumise et l’une de ses représentantes. "C’est qui la petite ?", peut-on l’entendre dire. Imane Hamel, co-animatrice d’un groupe thématique de LFI dédié à l’antiracisme, a réagi sur son compte X : "La 'petite' c’est moi", a-t-elle répliqué. "Votre mépris ne fait que nous renforcer. L’ancienne classe politicienne est sur le départ. Vous entendrez bientôt parler de nous !", a-t-elle ajouté.
En décembre dernier, le parti de Jean-Luc Mélenchon et le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-eddine Hafiz, avaient saisi l’Arcom pour des déclarations de l’éditorialiste, qui avait fait un rapprochement entre l’antisémitisme et "la quête du vote musulman". Là encore, Nathalie Saint-Cricq avait dû s'expliquer, se disant désolée si ses propos "tronqués" avaient pu heurter la sensibilité des téléspectateurs. "Je n'ai pas été d'une clarté extrême", s'était-elle défendue, une semaine après les faits. "Je tiens juste à dire que comme vous l'avez entendu, je ne mets pas en question les Français de confession musulmane, nos compatriotes, je mets en question les politiques, et là je maintiens, qui utilisent et qui manient l'antisémitisme en imaginant pouvoir rafler du vote. Point. Il n'y a rien d'autre, c'est clair".

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