L'Arcom ne prend pas de vacances. Même au cœur de l'été, l'autorité de régulation délibère au sujet de séquences télévisées et radios remontées par des téléspectateurs et inflige parfois aux chaînes et aux stations des sanctions appropriées. Le 5 août, l'instance a rendu sa décision au sujet d'une séquence remontant au mois de janvier : dans "BFM Première", le journaliste Arthur Berdah, rédacteur en chef adjoint au "Figaro", avait commenté la position de La France Insoumise dans le cadre de son "Édito politique". Une prise de parole qui avait manqué de neutralité, selon les téléspectateurs et l'Arcom.
"Les Insoumis ont décidé de minimiser la révolte Perse et de n'y voir qu'un mouvement contre la vie chère... Il faudrait presque se pincer. Et comme si cela ne suffisait pas, il sont allés encore plus loin sur l'Amérique Latine en bons chavistes qu'ils sont. Ils ont carrément cette fois exigé, je cite, "le retour immédiat du dictateur déchu", avait lancé à l'antenne l'éditorialiste le 5 janvier, dans un contexte géopolitique particulièrement tendu. Des termes que jamais Boualem Sansal ne les a entendus prononcés durant l'année qu'il a passé derrière les barreaux en Algérie, là où se trouve Christophe Gleizes dans l'indifférence LFIste, qui ne veut surtout pas braquer le régime algérien, ni sa très nombreuse diaspora en France."
"Si elle a noté que les propos ici en cause s’inscrivaient dans le cadre d’un éditorial et d’une polémique politique autorisant par nature une liberté de ton accrue, [l'Arcom] a toutefois considéré que cette liberté n’exonérait pas la chaîne de veiller à ce que les faits présentés au public reposent sur des éléments suffisamment établis ou, à défaut, soient exposés avec la prudence requise, a ainsi écrit l'autorité de régulation dans sa décision. L’Arcom a en particulier relevé que certaines des allégations d’Arthur Berdah relatives au positionnement de LFI à l’égard de la situation de Christophe Gleizes ou de Boualem Sansal ne reposaient sur aucun élément factuel, voire avaient été publiquement contredites par ce parti ou certains de ses représentants."
Pour cette séquence, BFM écope d'un petit rappel à l'ordre puisque l'Arcom la somme de "de faire preuve, à l’avenir, d’une vigilance accrue quant au respect des dispositions précitées". Selon l’article 1er de la délibération n° 2018-11 du 18 avril 2018 du Conseil supérieur de l'audiovisuel, l'éditeur d'un service de communication audiovisuelle, à savoir une chaîne télé, "doit assurer l’honnêteté de l’information et des programmes qui y concourent. L'éditeur garantit le bien-fondé et les sources de chaque information. Dans la mesure du possible, l'origine de celle-ci doit être indiquée. L'information incertaine est présentée au conditionnel. Il fait preuve de rigueur dans la présentation et le traitement de l'information", rappelle l'Arcom. "Merveille ! L'Arcom nous donne raison contre Arthur Berdah sur un moment de calomnies en grandes pompes sur BFM. Huit mois de réflexion avant de publier cette condamnation en plein mois d'août...!!! À ne pas mépriser. L'art pour des gens sans morale de se moquer du monde a ses chefs d’œuvre. Né avant la honte !", a de son côté commenté sur le réseau social "X" le fondateur de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.