Ces derniers mois, l'Arcom, Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, n'a pas hésité à épingler la chaîne CNews sur divers sujets, notamment le manque de diversité des opinions. Mais saisie en novembre dernier au sujet de propos climatosceptiques tenus sur le canal de la TNT, l'autorité a décidé de ne pas procéder à une mise en demeure. Une situation qui pose un vrai problème selon l'association QuotaClimat, qui enjoint l'Arcom à étudier de nouveau la séquence en question, a relaté "Satellifacts".
La demande de QuotaClimat, association engagée contre la désinformation au sujet des questions climatiques dans les médias, porte sur une séquence incarnée par le philosophe Michel Onfray. Le 22 novembre 2025, dans son émission "Face à Onfray" sur CNews, il avait ainsi martelé : "Tout le monde est dans le réchauffement climatique à cause des Hommes, etc., ça c’est une chose. Une autre chose est que l’astrophysique nous enseigne qu’il y a un réchauffement climatique qui est dû à ce qu’on appelle les plurivers, les multivers, les interactions entre les univers, mais pour ça il faut faire un peu d’astrophysique." Des propos remettant en cause l'origine humaine du réchauffement climatique, pourtant validée scientifiquement. Selon QuotaClimat, qui résume tout cette affaire sur son site, cette séquence était problématique à deux niveaux puisqu'elle constituait "une atteinte à l’exigence d’honnêteté de l’information de la part de CNews" et indiquait "une perte de la maîtrise d’antenne." Cette séquence avait fait l'objet d'un signalement de l'association auprès de l'Arcom trois jours après sa diffusion.
Le 11 mars, QuotaClimat avait relancé son signalement auprès de l'Arcom, n'ayant reçu aucune réponse à sa saisine. Ce 1er juillet, l'Autorité de régulation a finalement annoncé qu'elle ne donnerait pas suite, ce qui a poussé l'association à saisir le Conseil d'État. "Pour QuotaClimat, cette décision est incompréhensible, alors même qu’en 2024, l’Arcom avait déjà sanctionné financièrement CNews pour une séquence similaire, à hauteur de 20.000 euros, rappelle l'association. L’intervention de l’Arcom est d’autant plus nécessaire que ces manquements ne sont pas isolés. Parmi les 665 cas de mésinformation climatique recensés en 2025, 174 concernent CNews, [selon les données de] l'Observatoire des médias pour l'Ecologie." "Cette séquence est révélatrice de la responsabilité éditoriale de la chaîne. Michel Onfray n’y intervenait pas comme simple invité, mais comme animateur et figure centrale d’une émission hebdomadaire portant son nom. C’est un phénomène récurrent sur la chaîne : 57% des cas de mésinformation climatique identifiés sur CNews l’année dernière ont été diffusés par des journalistes ou des chroniqueurs réguliers", détaille encore QuotaClimat, qui ajoute que Michel Onfray a de nouveau remis en cause l'origine du réchauffement climatique sur CNews le 27 juin. "L’Arcom avait été la première autorité de régulation au monde à sanctionner financièrement la désinformation climatique. Il est essentiel qu’elle continue à se positionner sur le sujet. La décision du Conseil d’État pourrait marquer un nouveau tournant dans la régulation de la désinformation climatique, mais il y a urgence", a de son côté martelé Eva Morel, la secrétaire générale de l'association.
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