Finies les fâcheries ! Après des années de brouille et des critiques assumées contre la cérémonie, Indochine a bien honoré de sa présence la scène des Victoires de la musique 2026, vendredi soir. Ou presque. Car, retenu pour un concert à Bruxelles, le groupe de pop-rock a enregistré son medley de plusieurs tubes, dont "Trois nuits par semaine", avant de recevoir, en différé, un prix spécial pour sa tournée record. Près de 1,2 millions de billets ont trouvé preneurs lors de la centaine de concerts donnés dans toute l'Hexagone. Du jamais vu jusque-là. Alors lorsqu'il est monté sur scène avec ses comparses, le leader Nicolas Sirkis ne s'est pas privé de saluer le succès de sa tournée à des prix raisonnables, entre 55 et 75 euros, loin des tarifs de ses concurrents.
"Un autre combat qu’on est très content d’avoir remporté, c’est d’avoir réuni autant de monde sur cette tournée avec un prix des places hors catégorie… sans carré or, sans early entrance, sans VIP, Platinum, etc... Nous, on fait de la musique, on n’est pas là pour faire ce genre de ségrégation par l’argent", a-t-il déclaré sur France 2. À l’heure où la tarification dynamique et les packages premium deviennent la norme sur les grandes tournées internationales, le collectif revendique un modèle plus égalitaire, sans hiérarchie, ni privilèges réservés aux portefeuilles les plus épais. "On est un peu tout seuls, mais si on doit rester tout seuls, on restera tout seuls à le faire", a revendiqué le rockeur de 66 ans.
En revanche, Nicolas Sirkis ne s'est pas montré revanchard envers un gala qu'il a longtemps boycotté. "Merci aux Victoires d’avoir osé nous inviter", a-t-il prononcé au micro en recevant le trophée des mains d’Helena Noguerra, fan de la première heure et remplaçante de Léa Salamé à la co-animation de la soirée. Durant son discours, il a néanmoins adressé une petite pique en ironisant sur l'âge de la bande faisant désormais figure de vétérans dans l'industrie musicale. "On nous a demandé de venir ici pour rajeunir un peu les Victoires", a-t-il lancé dans un sourire, avant d'ajouter: "Comme on est le plus vieux groupe de la soirée et à l’aube de la retraite, c’est un combat".
Indochine et son meneur ont longtemps pris leurs distances avec la cérémonie à travers des déclarations publiques en 2018. La formation créée en 1981 estimait que la cérémonie était "galvaudée", critiquant le système de vote par des professionnels de l’industrie et un événement qui met les artistes en compétition. "On a demandé à ne pas figurer dans la liste des prénominations. Cette mascarade a assez duré. Les maisons de disques votent pour leurs poulains. Ça ne m’intéresse pas", confiait le chanteur au "Parisien" en 2018. Lui et ses acolytes ont, depuis, révisé leur jugement et renoué avec la grand-messe de la chanson française.

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