"Que l'on s'appelle Canal+, France Télé ou TF1, on choisit des œuvres. On ne peut pas établir une liste noire, rouge, verte", lâche Stéphane Sitbon-Gomez. Mercredi 20 mai 2026, en marge du Festival de Cannes, le numéro 2 de France Télévisions s'est entretenu avec l'Agence France Presse (AFP) et est revenu sur la tribune anti-Bolloré qui secoue la Croisettte depuis plusieurs jours. "Molière se moquait de Louis XIV" et "les artistes ont le droit à la critique dans ce pays. Ça a toujours été le cas. Le fait d'acheter une œuvre ne demande pas un devoir de loyauté et d'obéissance", a estimé le directeur général adjoint du service public, en référence au fait que le patron de Canal+ Maxime Saada a déclaré ne plus vouloir travailler avec les signataires de la tribune litigieuse.
La culture est "l'expression de la diversité" et dans ce monde-là, "il y a un droit à la désobéissance", a martelé Stéphane Sitbon-Gomez, soulignant qu'"on n'est pas dans une République bananière" et que "le cinéma n'est pas un régime autocratique". Lancée au départ par 600 professionnels, cette tribune dénonçant "l'emprise grandissante de l'extrême droite" dans le cinéma sous l'influence de Vincent Bolloré, compte désormais plus de 2.000 signataires, selon le collectif Zapper Bolloré. Le milliardaire conservateur est l'actionnaire de référence de Canal+, premier financeur du cinéma hexagonal. "Je n'ai pas de conseil à donner à Maxime Saada", a précisé le responsable de France Télévisions. Il souhaite cependant "une prise de conscience collective du secteur culturel d'une nécessité de préserver le modèle pluraliste du financement de la culture en France".
Cela signifie qu'il y ait toujours "plusieurs acteurs pour la financer, que les artistes ont une liberté de création et qu'on est là pour financer toutes les œuvres, tous les gens, toutes les formes artistiques". "Il n'y a pas de place pour un monopole dans la culture", a-t-il ajouté. France Télévisions "veut que tous les films puissent continuer à exister" et "on continuera à chercher à financer des films, à soutenir des projets, même s'ils sont refusés par Canal+", a assuré le dirigeant. "Mais on continuera à vouloir travailler avec Canal autour de films".

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