La Commission d'enquête parlementaire sur la neutralité et le financement de l'audiovisuel public s'est achevée mercredi 8 avril avec une audition de Delphine Ernotte, après plusieurs mois de travaux sous tension. Mais les polémiques continuent de rattraper ses protagonistes. Ce dimanche, le député Charles Alloncle, rapporteur de cette commission très médiatisée, s'est expliqué dans "Puremédias : L'hebdo" sur T18 sur un message publié sur les réseaux sociaux dans lequel il relayait une accusation visant le groupe Mediawan.
Le parlementaire avait en effet partagé, fin février, une "révélation" faite sous serment par le syndicaliste Jean-Jacques Cordival lors d'une audition : selon ce dernier, les dirigeants de Mediawan auraient privatisé le restaurant parisien Maxim's pour célébrer par avance la reconduction de Delphine Ernotte à la tête de France Télévisions. Dans le même message, Charles Alloncle évoquait également les contrats de production liant le groupe audiovisuel public au producteur, devenu l'un de ses principaux fournisseurs.
Mais le "scoop" s'est révélé inexact. Entendu à son tour par la commission, le cofondateur de Mediawan Pierre-Antoine Capton a assuré que la soirée en question correspondait en réalité à son cinquantième anniversaire, auquel étaient conviés de nombreux acteurs du secteur audiovisuel, dont Delphine Ernotte. La dirigeante du groupe public "n'est pas restée longtemps", a-t-il précisé. Une information également relayée par le média spécialisé "La Lettre".
Interrogé sur T18 sur la possibilité de "supprimer son tweet", Charles Alloncle a défendu sa position. "On verra s'il y a une procédure de parjure, mais je ne fais que relayer des propos tenus en commission d'enquête sous serment par un syndicaliste", a-t-il expliqué, estimant qu'il n'appartient pas aux députés de trier eux-mêmes entre déclarations vraies ou fausses lorsque celles-ci sont prononcées dans un cadre officiel. "Donc que faudrait-il qu'on fasse ? Qu'on fasse le tri entre les bons propos tenus sous serment et les mauvais propos tenus sous serment ?" a-t-il argumenté.
Relancé sur la question d'un éventuel retrait de son message, le député a maintenu sa ligne : "Si on commence à douter de la parole de quelqu'un qui prête serment, qui lève la main droite et jure de dire toute la vérité, alors cette commission ne tiendrait pas." Selon lui, seule l'ouverture d'une procédure pour parjure pourrait justifier la suppression de son tweet. "S'il est démontré que ce syndicaliste a menti, à l'évidence, je supprimerai mes tweets. Encore faut-il que ce soit prouvé."
Cette polémique s'inscrit dans un climat déjà électrique autour de la commission d'enquête parlementaire. Lancés fin novembre, ses travaux ont été régulièrement marqués par des incidents et des échanges tendus entre le rapporteur et plusieurs interlocuteurs auditionnés. La tension avait atteint un point culminant début février, lors d'un affrontement avec le président de la commission, le député Jérémie Patrier-Leitus. Ce dernier avait brusquement interrompu une audition après avoir été accusé par le rapporteur d'entretenir des liens avec… Mediawan. Des propos qu'il avait qualifiés d'"absolument faux". La séquence, largement partagée sur les réseaux sociaux, montre Charles Alloncle sortir du cadre protocolaire pour lancer à son collègue : "Mais Jérémie, franchement, qu'est-ce que tu fais là ? J'avais encore plein de questions à poser !".
Après la dernière audition, consacrée notamment à une nouvelle intervention de Delphine Ernotte, Charles Alloncle dispose désormais d'une quinzaine de jours pour rédiger ses conclusions et formuler ses propositions. Les 31 parlementaires membres de la commission devront ensuite se prononcer, le 27 avril, sur la publication ou non du rapport final.
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