Après 4 mois d'auditions, la commission d'enquête sur la neutralité du service public est terminée. Du moins, en ce qui concerne les personnalités auditionnées. Le député UDR Charles Alloncle va lui devoir désormais plancher sur les près de 70 sessions organisées dans le cadre de ce groupe de travail parlementaire, et en rédiger une synthèse pour déposer par la suite des propositions d'évolutions sur le plan législatif.
Ce mercredi 8 avril, le président de la commission Jérémie Patrier-Leitus, le rapporteur Charles Alloncle et les autres membres de la commission organisaient leur toute dernière audition et recevaient pour l'occasion la présidente du groupe France Télévisions, Delphine Ernotte-Cunci. Celle-ci avait déjà été entendue par ce même groupe de travail parlementaire au mois de décembre, et les échanges avaient déjà été tendus. Cela a été de nouveau le cas ce 8 avril, avec, notamment, un désaccord entre la présidente et le rapporteur sur le montant des dotations publiques attribuées à France Télévisions ces dernières années.
Pointée du doigt par Charles Alloncle pour une augmentation de la dotation publique de l'État à son groupe de 136 millions d'euros entre 2015 et 2024, Delphine Ernotte-Cunci a répliqué : "Pardon d’être aussi directe, Monsieur le rapporteur, mais ce que vous dites, c’est absolument faux, a-t-elle expliqué, remettant en cause la méthode de calcul de son interlocuteur. Pardon, mais je trouve ce procédé très manipulatoire… Vous mélangez chiffre d’affaires et dotation publique… Vous additionnez deux rapports de la Cour des comptes sans le préciser. Quand on regarde la place de la France en matière d’audiovisuel public, rapporté au PIB, on est en milieu de classement, a ajouté la patronne du groupe public. En Allemagne, c’est deux fois plus, deux fois et demie je crois. Le budget de l’audiovisuel public en Grande-Bretagne - ce sont quand même des pays comparables - c’est deux fois plus."
Charles Alloncle la relance alors : "Selon le rapport de la Cour des comptes, on peut lire en page 58 que la dotation publique entre l’année de votre arrivée en 2015 et 2024 a augmenté de 136 millions. Est-ce que vous contestez les chiffres avancés par le rapport de la Cour des comptes ?" "Que ce soit en baisse nette de dotations publiques ou en baisse qui tient compte de l’inflation, France Télévisions coûte aujourd’hui 600 millions d’euros de moins aux Français qu’il y a dix ans", a martelé Delphine Ernotte-Cunci. Moi, ça fait 30 ans que je manage des entreprises, d’accord ? Donc je commence à mal le prendre parce que je prends ça pour de la diffamation. Qu’est-ce que vous prétendez ? De 2015 à 2025, j’ai ramené l’équilibre dans cette entreprise avec des dotations en baisse, a-t-elle poursuivi, agacée. Est-ce qu’on coûte plus cher aux Français, oui ou non ? La réponse est non. On coûte moins cher aux Français aujourd’hui qu’à mon arrivée en 2015", a-t-elle conclu sur ce sujet, qui n'a pas été la seule thématique houleuse de son audition de plus de 4 heures.

player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2