Jusqu'alors inconnu du grand public, Charles Alloncle s'est fait un nom en étant nommé rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Pendant de nombreux mois, ce jeune député au style offensif s'est attiré, selon les points de vue, critiques ou éloges, en transformant ces travaux parlementaires en spectacle permanent. Ses conclusions, avec des préconisations parfois radicales, ont en tout cas placé le protégé d'Eric Ciotti sous le feu des projecteurs. Il le sera encore à la fin du mois de septembre avec la sortie d'un ouvrage revenant sur son aventure de rapporteur de cette commission, et les leçons qu'il en tirées.
"Il est temps de tout raconter. Pendant la commission d’enquête, certaines vérités devaient attendre. Il fallait protéger nos travaux, aller jusqu’au bout et surtout faire adopter le rapport. À une voix près, tout aurait pu disparaître", explique Charles Alloncle pour justifier l'arrivée en librairie de "Je jure de dire toute la vérité", aux éditions Fayard, propriété de Vincent Bolloré. Le député héraultais explique "s’être tenu à l'écart de la vie médiatique" afin de reprendre les événements vécus pendant ces six mois de travaux et d'auditions et de les coucher par écrit. "Des pressions, des menaces, des trahisons aussi : de ces six mois est né le premier livre de ma vie", souligne le parlementaire, sujet à des intimidations et "tentatives de diversion" pour jeter le discrédit sur sa mission.
Le rapporteur souhaite donc raconter les coulisses de cette commission, en se basant sur son expérience personnelle, et prêter serment devant les lecteurs. "Ces pages n’auraient pas la même histoire sans vous. Vous avez été des milliers à suivre cette enquête, à la défendre, à m’écrire et à m’encourager lorsque les pressions s’accumulaient. Je vous dois maintenant la seule chose qui compte encore : la vérité", assure-t-il encore sur X.
Sur la forme, Charles Alloncle avait déjà choisi de raconter, pratiquement en direct et notamment sur les réseaux sociaux, ses échanges avec les personnalités auditionnées. Une démarche qui lui avait valu des critiques, certains l'accusant de chercher le "buzz". "La méthode que j'ai choisie, que j'assume, c'est celle de prendre les Français à témoin. C'est celle de révéler, depuis la première audition jusqu'à la 70e, un bon nombre de questions et de réponses qui pouvaient être posées, et aussi de permettre aux Français de s'intéresser à ce travail, à cette exigence d'évaluation des politiques publiques", se justifiait-il sur Franceinfo.
La publication de son récit a en tout cas ravi Jordan Bardella et le Rassemblement national, qui ont invité leurs partisans à pré-commander le livre témoignage. "Vous avez été des milliers à suivre ce travail, qui a révélé l’opacité, les copinages et les gaspillages d’un service public pourtant payé par les contribuables français", a écrit le président du parti d'extrême droite sur ses réseaux sociaux. Avant de pitcher le document : "Avec ce livre, qui sortira le 30 septembre, il exposera au public la genèse de cette commission d’enquête, les pressions et les menaces qu’il a subies, et auxquelles il n’a jamais cédé".