La grille des salaires dévolus aux employés de France Télévisions a agité pendant plusieurs mois Charles Alloncle. Nommé rapporteur de l'enquête sur l'audiovisuel public, le député de l'Hérault a régulièrement dénoncé les revenus d'animateurs, producteurs et journalistes s'enrichissant sur le dos du service public. Comme plusieurs de ses confrères auditionnés à l'Assemblée nationale, Nathalie Saint-Cricq avait été mis sur le grill sur ce sujet. "Quand je vous entends dire, monsieur le directeur, que les écarts entre France Télévisions et les autres entreprises privées sont tels qu’il est difficile d’être attractif, je me permets de vous rappeler les moyennes du secteur. 72.000 euros de salaire moyen chez France Télévisions. Dans l’audiovisuel privé, c’est 67.000 euros. (...) Est-ce que, madame Saint-Cricq, vous pourriez nous donner votre salaire ?", s’était enquis l'élu ciottiste.
La journaliste politique avait alors rappelé que ces informations avaient déjà été transmises dans le cadre de la procédure. "Pour ce qui me concerne, je m’alignerai sur la décision de France Télévisions et de mes collègues, qui est de dire que mon salaire est totalement disponible dans la fameuse data room", avait-elle expliqué à son interlocuteur. Avant d'ajouter : "Je crois en plus que j’ai dû le donner précédemment sur quelques antennes". L'éditorialiste avait en effet confié dans les colonnes de "Libération" toucher 5.789 euros nets par mois, quelques mois auparavant.
Sur RTL, ce samedi 23 mai, la mère de Benjamin Duhamel a raconté avoir transmis précédemment cette information à l'intéressé, agacée par toutes les griefs écrits sur ce dossier. "Quand j’ai entendu sur certaines chaînes dire : ‘Les journalistes du service public, les journalistes qui s’en mettent plein les poches’, j’ai envoyé une capture de mon compte en banque avec mon salaire à Monsieur Alloncle, en lui disant : ‘Comme ça, ça vous évitera de fantasmer'", assure-t-elle dans "On refait la télé".
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Face à Eric Dussart et Jade, Nathalie Saint-Cricq a également évoqué l'ambiance pesante de cette audition, lors de laquelle elle fut mal à l'aise. "Le fait de prêter serment, quand on dit : ‘Il faut dire la vérité, jurer de dire toute la vérité’, je me suis dit : ‘Oh la vache, si je me plante dans un truc, ils vont me le ressortir en me disant que je suis une menteuse.’ Mais bon, après, franchement, ce n’est rien". Celle qui se mettra en retrait de la politique après la prochaine élection présidentielle a déjà payé sa volubilité, notamment lorsqu'elle a prononcé une "blague idiote" sur Eric Ciotti, pensant son micro coupé.
Elle a également pointé du doigt l'attitude provocatrice de Charles Alloncle, dont la stratégie était à l'opposé de celle "intéressante" de Jérémie Patrier-Leitus, le président Horizons de la commission. "Je pense que Monsieur Alloncle avait décidé plutôt de faire des claquettes et de faire parler de lui. Il y avait un côté A Star is Born pour Charles Alloncle, c’est-à-dire qu’on ne parlait que de lui", l'a-t-elle taclé, constatant que le concerné a eu les honneurs d'un portrait dans "Libération".
Fataliste, la journaliste se montre dubitative quant à l'utilité des recommandations formulées par le parlementaire. "Quand on lit le rapport, je l’ai lu en diagonale, on a l’impression qu’il ne tient pas compte de ce qui a été dit pendant la commission d’enquête. C’est-à-dire que les questions, il les expose, les réponses, et en partie des réponses où on lui a donné tort, il n’en tient pas compte. Donc je ne suis pas sûre que ce soit extrêmement productif", estime la dernière invitée de "Puremédias l'hebdo".

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