Les syndicats de Canal+ partent en guerre contre CNews et ses "dérives éditoriales". La chaîne d'actualité du groupe se retrouve une nouvelle fois en pleine controverse en raison de deux séquences polémiques survenues à l'antenne. À chaque fois, elles concernaient le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, et effectuaient le lien entre l'édile, comparé à un chef de tribu, et la "famille des grands singes". L'élu visé a annoncé son intention de porter plainte contre le média sous le giron de Vincent Bolloré, alors que le gouvernement est monté au créneau face à ces "attaques ignobles". L'Arcom a également été saisie par des parlementaires.
Pourtant, dans un communiqué transmis à l'AFP, CNews s'est dédouanée de toute responsabilité dans ce dossier. Elle se défend de tout racisme proclamé en plateau. "Suite aux polémiques suscitées par certaines séquences diffusées les vendredi et samedi 27 et 28 mars, CNews conteste formellement que de quelconques propos racistes aient été tenus", est-il écrit dans ce droit de réponse. La chaîne dénonce une déformation des interventions, accusant des "pratiques participent à une instrumentalisation à des fins polémiques", de façon à "l'incriminer".
Mais, cet argumentaire de la direction a abasourdi la rédaction, laquelle a répliqué via un texte, signé par "+Libres", le syndicat autonome de Canal+. Le collectif ne cautionne pas les "propos intolérables" tenus par Michel Onfray et Jean Doridot, et exprime "sa plus vive indignation" dans ce communiqué. "Ces déclarations, d'une gravité particulière, portent atteinte à la dignité d'un élu de la République et heurtent profondément les valeurs de respect, d'éthique et de responsabilités auxquelles sont attachés les salariés du groupe", peut-on lire. La rédaction se dit ulcérée par cette "nouvelle dérive éditoriale qui entache l'image du groupe Canal+ et alimente un profond malaise parmi les salariés de CNews et de l'ensemble du groupe".
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En conséquences, +Libres appelle à des sanction et a décidé "de saisir le président du comité d'éthique de Canal+, Christian Kert, afin qu'il examine les faits avec la plus grande rigueur et rende son avis". Selon le syndicat, la chaîne régulièrement rappelée à l'ordre par l'Arcom pour des propos discriminatoires en direct, ne peut pas tout se permettre sous l'excuse de la "liberté d'expression". "Les salariés du groupe Canal+ sont en droit d'attendre de leur entreprise le respect strict des principes déontologiques qui fondent la crédibilité de l'information", est-il surligné en gras dans ce communiqué aux antipodes de celui avancé par la direction.

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