Samedi 21 février, Brigitte Boucher, présentatrice de la matinale week-end de Franceinfo, recevait sur son plateau la députée La France Insoumise Danièle Obono. Au menu de leurs discussions, l'affaire de la mort de Quentin Deranque à Lyon mais aussi la prochaine discussion au Parlement d'un projet de loi pour pénaliser les propos antisionistes, portée par la députée apparentée Renaissance Caroline Yadan. Le point de départ d'une discussion houleuse entre les deux femmes.
"La proposition de loi pour pénaliser l'antisionisme, c'est une proposition de loi de Sébastien Lecornu, est-ce que vous vous y [opposerez} ? , a ainsi lancé Brigitte Boucher avant d'être interrompue par Danièle Obono. "Ce n'est pas une proposition de Sébastien Lecornu, c'est une proposition de madame Yadan qui a déjà été discutée à l'Assemblée nationale en commission et à laquelle nous nous sommes opposés. Parce que c'est une instrumentalisation, là aussi absolument ignoble, qui, au nom de la lutte contre l'antisémitisme, prétend aujourd'hui empêcher toute critique de l'état d'Israël qui continue à commettre un génocide." "L'antisionisme n'est pas une forme d'antisémitisme, pour vous ?", a relancé Brigitte Boucher. "C'est une instrumentalisation de la lutte contre l'antisémitisme pour défendre le génocide", a répondu la députée, avant d'être interrompue par la journaliste : "On ne peut pas parler de génocide, c'est un terme qui n'est pas reconnu par la communauté internationale." "Excusez-moi madame mais c'est incroyable, s'est agacée Danièle Obono. L'ONU, ce n'est pas la communauté internationale ? La très grande majorité des experts sur la question du génocide disent que c'est un génocide madame, a-t-elle poursuivi sous les "Non, non" de Brigitte Boucher. "Je vous laisse la responsabilité de vos propos", a relancé la journaliste de Franceinfo dans un climat tendu. "J'en prends toute la responsabilité, et je vous laisse la responsabilité de votre négationnisme de ce qui se passe en ce moment à Gaza", a rétorqué la députée LFI.
Une séquence repostée par Danièle Obono sur ses réseaux sociaux et qui a suscité de nombreuses réactions à l'encontre de la journaliste, notamment sur le réseau social "X". Cette dernière est restée sur la même position, répondant à certains des messages accusatoires à son encontre : "Aucune juridiction internationale ne reconnaît un génocide à Gaza ni la CIJ ni la CPI. L'information n'est pas une opinion", a-t-elle ainsi notamment tweeté. Lundi 23 février, c'est la Société des Journalistes de Franceinfo qui a tenu à apporter son soutien à la matinalière, sans jamais citer son nom. " Nous condamnons sans réserve la haine en ligne et les campagnes de harcèlement numériques. Toutes les formes d'intimidation visant les journalistes sont inacceptables. Ces pratiques abîment le débat public et menacent directement la liberté d'informer. La critique peut être légitime, le harcèlement ne l'est jamais. [...] Découper une phrase, l'arracher à son contexte, la faire circuler comme une arme polémique peut enflammer les réseaux sociaux mais ne produit ni vérité, ni débat éclairé. Nous refusons que l'information soit instrumentalisée, sommée de se plier à des stratégies de communication ou à des agendas politiques, quels qu'ils soient. [...] Nous continuerons à défendre ces principes, sans céder aux pressions."

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