Les auditeurs de France Inter privés de leur "tartine de LOL au petit déj". Ce mardi 3 février, Bertrand Chameroy était en forme pour déclamer son habituel billet d'humeur, lui qui en avait été privé la veille. Alors qu'il devait comme de coutume prendre l'antenne à 7h58 dans la matinale de la station, l'agitateur a été sevré de micro. La faute à la longueur de l'interview de Golshifteh Farahani par Benjamin Duhamel, qui a débordé du cadre prévu. Le groupe public avait réalisé un joli coup en recueillant dans le "7h50" la colère de l'actrice franco-iranienne au sujet de la situation catastrophique dans son pays, où les manifestations sont réprimées dans le sang par le régime des mollahs depuis plusieurs semaines. Le sujet a été jugé si important que la chronique de l'humoriste a été zappée au dernier moment.
"Il n’était pas absent, on a juste pris beaucoup de retard avec le témoignage très fort de Golshifteh Farahani qui s’exprimait pour la première fois sur la situation en cours en Iran", nous a expliqué la communication de la radio pour justifier cet imprévu. Imprévu sur lequel est donc revenu l'intéressé dans son numéro désopilant du jour. "Lundi, la France a été privée de sa tartine de lol au petit déj, de son bijou de causticité radiophonique, de sa pépite d'insolence enrobée de sarcasme, de sa dose d'ironie subventionnée, bref, il n'y a pas eu le billet de Bertrand Chameroy à l'antenne", a-t-il contextualisé.
S'il a bien entendu son réveil et qu'il était bien présent en studio, le trublion des dîners de "C à vous" a raconté, à sa façon, ce qu'il s'est passé dans la coulisse de l'émission matinale. "J'ai été victime d'une odieuse censure tant mon papier était piquant et dérangé jusqu'au plus haut sommet de l'Etat, ce qui aurait pu me faire passer pour un martyr de l'humour et m'épancher dans un livre que j'aurais pu intituler 'Le baillon faible', mais rien de tout cela", a faussement imaginé celui qui a révélé "une réalité bien plus triste" de son silence radio.
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Bertrand Chameroy s'est alors tourné vers Benjamin Duhamel, son souffre-douleur préféré depuis la rentrée de septembre. "Cinq mois après, 'Benji l'analyste' croit encore que 7h50 n'est pas l'horaire de son interview mais sa durée", l'a-t-il piqué, avant de s'attarder sur ce challenge "impossible" de "faire tenir 2min30 de chronique en 20 secondes". "Je suis un homme de défi mais j'avoue qu'on aurait perdu en diction. J'aurais pu décider de parler à mon rythme mais l'effet domino aurait été terrible pour la grille de France Inter, et on aurait, par ricochet, fini par skier en juillet". Toujours sarcastique, il a poursuivi sur son collègue : "C'est qu'il est gourmand Benji, il fait durer le plaisir. Économiquement, c'est viable pour la direction. En juin, quand on mettra bout à bout tous ces débours, en une saison il en aura fait deux".
Enfin, il n'a pas manqué d'adresser un clin d'oeil à l'actualité qui se joue actuellement à l'Assemblée nationale. "Et moi, je perdrais moins d'économies car je tiens à préciser à la commission d'enquête sur l'audiovisuel public que j'ai évidemment réclamé mon cachet pour le papier non-diffusé d'hier. Quitte à être accusé d'être payé sans rien faire, autant que ça soit le cas pour une fois", a glissé l'un des poils à gratter de la station. Son billet d'humeur est à retrouver dans la vidéo en tête d'article.

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