Dix minutes d'interview descendue en flammes. Léa Salamé s'est retrouvée de nouveau sur le grill des critiques après son entretien du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans son "20 Heures" de France 2, jeudi soir. De nombreux experts de la géopolitique sont tombés à l'unisson sur la journaliste pour ce "cadeau" fait à Moscou pour déployer sa propagande. "A quoi bon offrir une tribune à un fasciste ordinaire et à un criminel de guerre ?", s'était, pour sa part, interrogé sur le réseau social X le diplomate ukrainien, Vadym Omelchenko. Au delà de la simple invitation du ministre de Vladimir Poutine dans son édition, c'est également le ton et les questions de l'incarnation du JT du soir qui ont été mis en cause par les contestataires. Certains d'entre eux ont d'ailleurs saisi l'Arcom pour que le gendarme de l'audiovisuel se penche sur cette séquence et éventuellement sanctionne le groupe public.
Dans ce contexte inflammable, franceinfo avait publié dans l’après-midi un article intitulé : "Pourquoi et dans quelles conditions la rédaction de France Télévisions a-t-elle réalisé l’interview de Sergueï Lavrov ?". Un texte explicatif dans lequel Philippe Corbé, directeur de l'information de France TV, défend "un intérêt journalistique évident", alors que la Russie est un pays allié de l’Iran. "La Russie retrouve un rôle dans le conflit (entre Israël, les États-Unis et l’Iran). ll y avait donc des questions importantes à poser. À nous d’insister si les réponses s’éloignent des informations dont nous disposons par ailleurs. C’est ce que nous avons fait", explique le successeur d'Alexandre Kara.
Nos confrères du "Parisien" l'ont également contacté pour recueillir son avis sur le résultat final de cette entrevue. "Quel journaliste a pu dire frontalement à l’un des plus proches de Vladimir Poutine que la Russie ne respecte pas le droit international en Ukraine ? C’est ce que Léa Salamé a fait hier soir (…). Elle a livré une interview solide sur le fond", a défendu Philippe Corbé, pour qui l'entretien de Léa Salamé n'était "absolument pas complaisant". Il estime aussi qu’une "interview journalistique n’est pas une tribune", en réponse aux propos de l’ambassadeur ukrainien.
Le dirigeant a également reconnu que les conditions techniques du duplex n’étaient pas des plus faciles, d’autant que, comme le note le rédacteur en chef du "20 Heures" Hugo Plagnard, Sergueï Lavrov "retirait son oreillette" lorsqu’il parlait. Ce qui ne facilitait pas les relances de son interlocutrice. "Léa Salamé a rappelé les faits dans des conditions d’entretien qui n’étaient pas simples", a confirmé le patron de l'info.
La Société des journalistes (SDJ) de France Télévisions a elle aussi défendu la journaliste et animatrice de "Quelle époque!". Pour son président, Valéry Lerouge, elle a mis Sergueï Lavrov "devant les faits", en parlant de frappes sur des "écoles, des hôpitaux", et de "milliers de civils ukrainiens morts dans cette guerre". "Elle lui a dit que nous en avons les preuves sur le terrain", a-t-il insisté auprès de l’AFP.

player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2