Les auditions de la Commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public reprennent pour une dernière salve jusqu'au 8 avril, a indiqué ce mardi 24 mars le président de la Commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons). Et l'audition du jour était très attendue puisque la personne interrogée s'exprime peu voire pas dans les médias : Vincent Bolloré. L'homme d'affaires, à la tête d'un empire médiatique qui comprend Canal+, Europe 1 ou encore "Le JDD", est auditionné depuis 15h30 en sa qualité d'actionnaire du groupe Banijay. La société de production dirigée par Stéphane Courbit est en effet à la baguette de nombreux programmes diffusés par France Télévisions.
Mais durant son propos liminaire, Vincent Bolloré a tout de suite douché l'enthousiasme de la Commission : "Je ne vais pas pouvoir vous dire grand-chose sur Banijay car je ne connais rien et accessoirement je ne regarde pas beaucoup la télévision". Il a en effet débuté son audition par expliquer qu'il ne regardait que Canal+, mais connaissait cependant bien Stéphane Courbit, "un garçon admirable" qu'il est venu "épauler" dans sa société. "On a mis 200 millions dans ce groupe et maintenant il doit en valoir 3 ou 4 fois plus", a-t-il ajouté.
Actionnaire minoritaire de Banijay, Vincent Bolloré a ensuite été invité à s'exprimer sur les contenus de France Télévisions, mais là encore, il n'a pas souhaité s'exprimer, notamment lorsque le rapporteur de la Commission Charles Alloncle lui a demandé si "Drag Race" avait sa place sur le service public. "Je suis pour la liberté, ça coule dans mes veines. Donc si les dirigeants de France Télévisions pensent que c'est bien, il faut s'adresser à eux, je n'ai de conseil à donner à personne".
Pour l'homme de médias, "le sujet ce n'est pas le service public en lui-même c'est le coût". "Je ne suis pas bien placé pour répondre sur les contenus car je regarde Canal+ et quand je zappe et que je passe de la Une à la Deux ou la Six, je ne vois pas beaucoup de différences. On n'a rien à reprocher au service public ni à le glorifier. Le problème c'est 4 milliards de coûts. C'est beaucoup à un moment où la France est en difficulté", a-t-il affirmé avant de faire un parallèle avec son expérience à Canal+ lorsqu'il est arrivé chez Vivendi en 2014. "On n'avait pas le droit de toucher à Canal+, tout le monde était heureux là-bas entre le Festival de Cannes, la Formule 1, les matchs de rugby, de football... mais ça perdait 500 millions d'euros et moi, n'ayant pas les poches profondes de l'Etat, je devais corriger cette affaire. Canal+ existe toujours et est beaucoup plus puissant qu'en 2014 puisqu'on gagne 600 millions d'euros".
"Donc c'est un problème de gestion en réalité", estime-t-il en revenant sur le service public. "Le service public me va très bien mais dans les moments où on serre la ceinture il faut savoir ce qu'on veut faire de l’argent. Le problème de l'audiovisuel ce ne sont pas les contenus c'est le coût. Les coûts viennent pour l’essentiel de dépenses qui ne sont ni maîtrisées ni contrôlées", a-t-il fustigé avant de résumer sa pensée : "Je suis favorable au service public, je trouve ça très bien, mais pas à 4 milliards. Il y a des tas d'endroits où l'on peut faire des économies".

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