Son audition a débordé du cadre initial. Ce mardi 24 mars, Vincent Bolloré était convoqué à l'Assemblée nationale par la commission d'enquête contre l'audiovisuel public pour être entendu en tant qu’actionnaire indirect du groupe de production Banijay via sa société Vivendi. Mais les députés n'ont pas manqué d'interroger le patron du groupe Canal+ sur des sujets liés à son poste, et notamment sur le cas de Jean-Marc Morandini. Condamné pour corruption de mineurs, l'animateur de CNews et d'Europe 1 avait été maintenu à l'antenne par sa direction, avant de démissionner de lui-même sous la pression médiatique et de ses collègues. Le milliardaire breton a assuré que l'affaire avait été bien gérée par les dirigeants de la chaîne d'info.
"Évidemment, je condamne tous les faits délictueux. J'ai 4 enfants, 9 petits-enfants… Ce sont des sujets insupportables", a d'abord convenu Vincent Bolloré. "Dans ces moments-là, il y a deux forces qui s'affrontent : d'abord la justice, elle est passée. Deux ans de prison avec sursis. Sursis, ça veut dire deuxième chance", a ensuite estimé l'actionnaire de référence de CNews. Pour ce catholique revendiqué, l'heure est au pardon, la deuxième "vertu" après la justice : "Je suis chrétien, je récite tous les jours le Notre Père dans lequel je dis 'Notre Père qui êtes aux cieux, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons les offenses', alors je pardonne".
L'entrepreneur a également eu un mot amical pour ceux qui ont dû répondre à ce dossier encombrant. "Les dirigeants de CNews ont pris les bonnes décisions. Ils ont d'abord laissé M.Morandini regretter amèrement par écrit ce qu'il avait fait. Et ensuite, il a démissionné. Donc je pense que malheureusement, la justice est passée, et maintenant miséricorde doit passer", a-t-il déclaré. Vincent Bolloré a ainsi balayé les accusations tacites qui lui reprochaient de ne pas avoir licencié son ami de longue date. "Moi, je n’ai jamais fait partie et je ne ferai jamais partie de ceux qui hurlent avec les loups, sur tout problème. Donc sur des histoires dramatiques. Mais dans toute structure humaine, vous avez ce genre d’histoire. Et donc il faut justice, et miséricorde", a-t-il conclu.
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La décision de conserver le présentateur du "Morandini Live" à son créneau matinal avait provoqué une crise au sein de CNews. L'un de ses visages phares, Sonia Mabrouk, avait quitté la chaîne début février pour marquer sa désapprobation, puis l'intéressé avait annoncé trois jours plus tard qu'il capitulait et se retirait finalement de l'antenne, face à la polémique. "Je ne veux en aucun cas être un problème pour ces équipes et pour la direction de la chaîne et du groupe" avait-il expliqué dans un post publié sur les réseaux sociaux.

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