Alors que les membres de la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public terminent leur lecture du rapport final du rapporteur Charles Alloncle, "Le Monde" publie un article dans lequel il relève des manœuvres supposées du groupe Lagardère pour peser sur le contenu des débats. Nos confrères avancent en effet que la direction des affaires institutionnelles du groupe Lagardère, filiale de Louis Hachette Group appartenant à Vincent Bolloré, a adressé à plusieurs députés participant à cette commission, parmi lesquels le rapporteur ciottiste, des questions à poser aux auditionnés.
Ces questions ont pu être consultées par "Le Monde", qui rapporte notamment celle-ci, adressée virtuellement à la présidente du groupe France Télévisions Delphine Ernotte."Madame la présidente, comment justifiez-vous d’avoir violé la déontologie et les règles qui s’imposent à un fonctionnaire public de votre rang et de vos responsabilités ?", une question faisant référence à ses propos sur CNews, qu'elle avait qualifiée de "chaîne d'extrême-droite". Selon nos confrères, la patronne de France Télévisions était au cœur d'un document regroupant de nombreuses questions classées sous différents thèmes tels que "engagement politique contre l’extrême droite", "prime de performance Delphine Ernotte", ou encore "consultation du ministère de tutelle concernant l’assignation de 'CNews', Europe 1 et Le 'JDD' pour dénigrement". Sibyle Veil, la dirigeante de Radio France, était elle aussi concernée par plusieurs questions apparaissant dans cette longue liste soumise par le groupe Lagardère.
Interrogé par "Le Monde", Charles Alloncle assure ne pas avoir eu recours à ces suggestions de questions, mais en confirme l'existence. "Je n’ai pas utilisé ces questions. Avant même que la commission ne commence, j’avais commencé à recevoir des centaines de mails sur ma boîte publique émanant de syndicalistes, de producteurs, d’anciens ou actuels directeurs de l’audiovisuel public, d’anciens ou actuels salariés. Chaque jour les députés sont confrontés à ce type d’influence, ce que les entreprises appellent les 'affaires publiques'. Ce qui compte pour chaque député, c’est d’exercer son rôle, dans ses votes et missions, avec toute l’indépendance requise, a affirmé le député UDR. Jérémie Patrier-Leitus, le président Horizons de la commission, confirme avoir lui aussi reçu ces fameuses questions, et indique au "Monde" "avoir des éléments concordants qui accréditent des tentatives d’ingérence, inédites dans une commission d’enquête parlementaire." La commission doit justement se réunir ce lundi 27 avril pour décider de la publication (ou non) du rapport de Charles Alloncle, issu des plus de 70 auditions menées entre la fin 2025 et avril 2026.
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