La situation paraît intenable, et pourtant : un peu moins d'un mois après sa condamnation par la Cour de cassation pour corruption de mineurs, Jean-Marc Morandini, dont on vient d'apprendre qu'il est visé par une nouvelle plainte pour le même motif, présente toujours sur CNews sa quotidienne "Morandini Live". Une situation qui cristallise de nombreuses tensions, au sein même de la rédaction de CNews : Philippe de Villiers, Laurence Ferrari ou encore Pascal Praud, tous se sont désolidarisés de l'animateur après la prise de parole de Sonia Mabrouk, quelques jours plus tôt, en direct sur la chaîne. La journaliste, qui aurait eu mardi 3 février une rude altercation avec Serge Nedjar à ce sujet, est depuis absente de l'antenne.
L'affaire du maintien de Jean-Marc Morandini à l'antenne dépasse largement la seule sphère de CNews et du groupe Canal+. Jeudi 5 février, le rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, Charles Alloncle, était l'invité de l'émission d'Alain Marshall et Olivier Truchot sur BFMTV. Parmi les nombreux sujets abordés, le député UDR a été interpellé au sujet de la prochaine audition de Vincent Bolloré (convoqué en tant qu'actionnaire de la société de production Banijay, qui réalise des émissions pour France Télévisions), soutien indéfectible de Jean-Marc Morandini. "Monsieur Bolloré sera reçu par votre commission, il y a aura une question sur Jean-Marc Morandini, a débuté Alain Marshall à l'attention du député. Le fait qu'il reste à l'antenne, est-ce qu'on est pas dans la bassesse et l'indignité ?"
"Vous me posez la question. Moi à titre personnel, et ce n'est pas le cadre de la commission d'enquête, je suis contre. Évidemment que ça me choque, évidemment qu'à titre personnel je ne comprends pas cette décision, a répondu le député, qui ne souhaitait visiblement pas s'étendre sur le sujet. Mais mon rôle en tant que rapporteur de la commission d'enquête c'est de m'intéresser à l'audiovisuel public, de m'intéresser à ses dysfonctionnements. Ce n'est pas de m'égarer dans des combats purement et bassement politiques qui pourraient nous détourner d'un objectif majeur, c'est-à-dire que fait-on des 4 milliards d'euros d’impôt des français qui financent aujourd'hui l'audiovisuel public, a-t-il conclu.

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