Son visage était apparu une première fois à l'antenne dans "Complément d'enquête". Le 27 novembre dernier, Axel, 25 ans, s'exprimait pour la première fois devant la caméra du magazine de France 2 pour dénoncer la protection de Jean-Marc Morandini par le groupe audiovisuel Canal+. Son témoignage sur BFMTV a pris encore plus de poids, ce jeudi 29 janvier, maintenant que l'animateur vedette de CNews a été définitivement condamné par la justice pour corruption de mineurs. Une décision que le jeune homme, cible de messages à caractère sexuel de la part de l'homme de télé, "n'arrive pas à comprendre". Le voir continuer de présenter son émission quotidienne "(lui) fait mal", souligne-t-il. "En tant que victime, l'image est catastrophique. Aucun employeur ne peut garder une personne reconnue comme délinquant sexuel au quotidien sur une antenne regardée par des milliers de personnes", développe l'intéressé. Axel déplore ainsi "un message catastrophique envoyé aux victimes de violences sexuelles".
Le garçon, âgé de 15 ans au moment des faits, cherchait un stage dans les médias, raison pour laquelle il avait alors pris contact avec Jean-Marc Morandini. "On parlait de médias, beaucoup de lui. Ça a très vite dévié vers des demandes sexuelles et dans l'intime et l'insistance", déplore-t-il sur BFMTV. En plus de poser des questions déplacées à l’adolescent, sportif confirmé, son tuteur lui aurait demandé des photos de son sexe. “Il fallait que je trouve un moyen de sortir. Sauf que tant qu’il n’avait pas sa photo, il continuait tous les soirs”, a assuré Axel. Ce dernier raconte qu'il lui a finalement envoyé une photo trouvée sur internet pour mettre fin à ses sollicitations. "C'était comme une récompense pour lui", poursuit-il, témoignant d'une "emprise et d'une incapacité de sortir de cette discussion de manière propre".
Interrogé sur l’impact psychologique de cette affaire, Axel a révélé qu’il avait “mis beaucoup de temps à conscientiser” mais aussi à “aller dans un commissariat pour porter plainte”. Entre le premier procès et la cour d’appel, le jeune homme reconnait avoir vécu une véritable descente aux enfers, pensant même au pire. “Il y a eu une période très compliquée où j’ai failli mettre fin à mes jours. J’avais une envie de suicide parce que tout l’argumentaire de cette personne remontait pendant ces semaines d’après-procès”, a-t-il confié. La défense de son agresseur l'a également écoeuré : "Si on l’écoute, pour lui c’était une blague. Sauf qu’il avait plus de 50 ans et à plus de 50 ans, quand on demande une photo nue à un jeune de 15 ans, c’est qu’il y a un problème".
Le maintien de l’animateur à l’antenne a également provoqué des remous en interne. Les grandes figures de la chaîne d'actualité, Sonia Mabrouk, Pascal Praud et Laurence Ferrari, ont pris leurs distances, alors que des fidèles de la rédaction ont manifesté devant les locaux de CNews pour exprimer leur colère envers leurs dirigeants. Jordan Bardella a, lui, donné pour consigne aux élus du Rassemblement national de boycotter "Morandini Live". La situation devient donc intenable et d'après "Le Monde", le scénario d’une mise à l’écart s’est esquissé au sein de l’état-major du canal 14 de la TNT. Vincent Bolloré lâchera-t-il son ami et dynamiteur d'audience en pleine tempête ?

player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2