Bruce Toussaint parrain de "Puremédias, l'hebdo", la nouvelle émission de T18 diffusée pour la première fois ce dimanche 1er février. Ce premier numéro a vu Virginie Guilhaume et Eva Roque, journaliste sur France Inter, s'intéresser à la fronde contre le maintien de Jean-Marc Morandini à l'antenne de CNews. Condamné pour corruption de mineurs, l'animateur vedette du canal 14 a vu plusieurs de ses collègues prendre leurs distances face à la décision de leur employeur. Son cas n'en finit plus en effet de diviser au sein du groupe Canal+ depuis que Sonia Mabrouk a été la première à sortir du bois. "C’est une décision qui ne m’appartient pas", avait indiqué l'intervieweuse politique à l'un de ses invités qui l'interrogeait sur le sujet. Depuis, Pascal Praud, puis Laurence Ferrari, deux autres stars de la chaîne d'information, se sont rapprochés publiquement de la position de leur consœur. "Je suis aux côtés des victimes", avait notamment confié la seconde.
Les mêmes mots, ou presque, ont été utilisés par Bruce Toussaint, qui n'a pas souhaité trop s'épancher sur ce lourd dossier à l'antenne de T18. "Je n'ai pas envie de commenter l'affaire, mais je voudrais juste dire que je suis aux cotés des victimes", a d'abord réagi le chef d'orchestre de "Bonjour !", avant d'être relancé par la présentatrice sur ce numéro d'équilibriste entre loyauté envers sa direction et engagement personnel. "Les journalistes sont plutôt indisciplinés, même insoumis, pas au sens politique du terme mais au sens retors. Parce que nous sommes élevés comme ça et que notre boulot est d'apporter de la contradiction donc je peux comprendre que l'on puisse se sentir mal à l'aise", a alors répondu celui qui avait travaillé sur I-Télé.
En coulisses, un rapport de force commence à s’esquisser avec de plus en plus de mécontentements quant à la décision de Vincent Bolloré de laisser son micro à l’animateur condamné par la justice. Une colère qui a poussé le principal intéressé à sortir du silence sur Instagram, vendredi, pour présenter "ses excuses" et annoncer sa décision de renoncer "à tout recours" après dix ans de procédure. "Je tiens à dire que je regrette profondément les paroles et les échanges écrits qui m'ont été reprochés et qui ont pu blesser", a souligné Jean-Marc Morandini, remerciant ceux qui avaient accepté de lui "accorder une seconde chance".
Malgré ce mea-culpa tardif, le choix éditorial continue d'être incompris par la classe politique, et même par un journal appartenant à la galaxie Bolloré, illustrant la crise que traverse le groupe. Le "JDD" s'est désolidarisé de la décision de CNews, précisant dans sa dernière édition se tenir aux côtés des victimes. Un commentaire partagé par Philippe de Villiers, l’une des figures du journal dirigé par Geoffroy Lejeune depuis 2023. Ce lundi, c'est Marion Maréchal qui s'est montrée catégorique sur le sujet. "Je trouve même qu'il devrait avoir la décence de se démettre de lui-même pour ne pas abîmer la réputation de toute une chaîne", a commenté l'eurodéputée d'extrême droite sur RTL. "Je considère qu'il n'a rien à faire à l'antenne. Les actes qu'il a commis sont extrêmement graves", a-t-elle appuyé, clamant qu'"on ne touche pas aux mineurs". Jordan Bardella avait, lui, ordonné aux élus du Rassemblement national à boycotter le "Morandini Live".

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