Elle ne s'en cache pas : Félicité Herzog n'a aujourd'hui plus grand-chose en commun avec le groupe Vivendi, au sein duquel elle a travaillé depuis de nombreuses années. Celle qui était la directrice de la stratégie et de l’innovation du groupe jusqu'en 2025, et l'une des membres de son comité exécutif, avait déjà pointé du doigt en mars dernier la dérive idéologique de la société de Vincent Bolloré. Un tournant pris selon elle en 2021, avec l'acquisition notamment du "Journal du Dimanche", "un dépliant publicitaire pour l’extrême droite". "Vincent Bolloré s’est soudain retrouvé doté d’une puissance financière considérable et s’est vécu comme un faiseur de rois sur le plan politique. Ça l’a fait dérailler", avait-elle affirmé dans les colonnes du "Monde".
En ce mois de septembre, Félicité Herzog, ex-présidente de la librairie "L’Écume des pages", propriété de Vivendi, s'est de nouveau confiée. Cette fois, à Jean-Jacques Bourdin sur sa chaîne Youtube et sur divers sujets, dont la dérive idéologique de certains médias acquis par Vincent Bolloré. "C'est idéologique. Et c'est là où moi j'ai un problème. On ne peut pas transformer une entreprise en parti. C'est deux choses différentes !", a notamment lancé l'invitée du jour. Relancée par Jean-Jacques Bourdin sur cette affirmation de la transformation d'une entreprise en parti politique, Félicité Herzog poursuit : "[Ça] porte des objectifs politiques, quoi qu'il dise ! [...] Il suffit de lire 'Le journal du Dimanche', que je continue à lire pour voir ce qu'ils disent sur Grasset, mais je suis scandalisée ! 'Le journal du dimanche' pour moi ça a été un coup de massue quand j'ai vue [ce qu'il en a fait] ! Je ne dis pas que c'était le journal le plus extraordinaire du monde, mais là c'était pathétique ! Ce n'est plus du journalisme !"
Le milliardaire breton avait acquis la publication fin juin 2023. Dirigée aujourd'hui par Geoffroy Lejeune, secondé de Charlotte d'Ornellas, Raphaël Stainville ou Jules Torres, elle s'inscrit, selon Félicité Herzog, dans une ligne éditoriale très claire. Elle est notamment un soutien à la Russie depuis l'invasion en Ukraine : "De ce que j'en lis, dans l'expression de CNews et du 'JDD', oui, [il y a un alignement sur les positions russes]. Quand je lis ou j'écoute, ou même Europe 1, peut-être pas tout, mais il me semble qu'il y a un alignement, une convergence. Ils se font le relais. On peut être très crédule mais Vincent Bolloré n'est pas typiquement [ce] profil : il sait ce qu'il fait", a-t-elle ajouté.