Cyrille Bolloré, PDG du groupe Bolloré, en mai 2024
"Un mensonge géant". C'est ainsi que Cyrille Bolloré, fils de Vincent Bolloré et PDG du groupe Bolloré, a qualifié les mots du collectif "Zapper Bolloré", qui dans une tribune parue dans "Libération" le 11 mai dernier dénonçant "l’emprise grandissante" de Vincent Bolloré sur le cinéma français, évoquait le risque d'"une prise de contrôle fasciste de l’imaginaire collectif".
Ce mercredi 27 mai 2026, lors de l'assemblée générale du groupe qu'il dirige, Cyrille Bolloré s'est dit "vraiment dans l'apaisement" et "la bienveillance". Face aux actionnaires du groupe qui détient 30,4% du capital de Canal+, le PDG du groupe Bolloré a assuré : "Non, il n'y a pas de projet politique", contestant toute idée d'un "projet néo-fasciste". Dans la tribune signée par des centaines de professionnels du cinéma, on pouvait lire : "En laissant le cinéma français aux mains d’un patron d’extrême droite, nous ne risquons pas seulement une uniformisation des films, mais une prise de contrôle fasciste de l’imaginaire collectif". Le texte accuse directement Vincent Bolloré de mener "un projet civilisationnel réactionnaire d’extrême droite" à travers ses chaînes de télévision et ses maisons d’édition. Si les auteurs reconnaissaient que "l’influence de cette offensive idéologique sur le contenu des films a été pour le moment discrète", ils prévenaient : "Nous ne nous faisons pas d’illusion : ça ne durera pas."
Cyrille Bolloré leur a indirectement répondu ce mercredi. "Je ne comprends pas, et mon père non plus, ce qui est prêté comme projet à la famille Bolloré. C'est incroyablement décalé, c'est un mensonge géant", a-t-il ajouté. Il a également rappelé qu'il n'était pas "en charge de Canal", le groupe n'ayant qu'"une participation" dans le premier financeur du cinéma hexagonal. Il a cependant réagi à la menace de Maxime Saada, patron de Canal+, de boycotter les professionnels ayant signé la pétition. "Ne pas aller financer un scénariste (...) est un truc qui, à mon avis, n'est pas à la hauteur du débat", a lancé Cyrille Bolloré.
Interrogé par un actionnaire sur la ligne éditoriale de CNews, chaîne appartenant à Canal+ accusée par la gauche de promouvoir une vision d'extrême droite, Cyrille Bolloré a répondu que cette "fable (...) n'existe pas". "Je ne dis pas que CNews est parfait", a-t-il ajouté, en précisant regarder peu la chaîne, leader des audiences en 2025 sur l'info continue. Les dirigeants "des dernières années ont ruiné le pays" et "il ne reste plus que des extrêmes", a-t-il déclaré. "Les gens ont juste envie de donner un bon coup de pied au cul à tous ces gens qui font n'importe quoi depuis 10, 15, 20, 25 ans. Est-ce qu'il faudrait le prôner au travers de nos chaînes ? C'est plus compliqué que ça", a-t-il enchaîné. "Je n'ai jamais milité pour rien. J'ai toujours plutôt voté au centre, gauche ou droite. Je n'ai à ce stade jamais voté pour un extrême", a conclu Cyrille Bolloré devant les actionnaires, selon des propos rapportés par l'AFP.

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