Après plus de trois semaines d’absence, Barbara Lefebvre a retrouvé mardi 12 mai le plateau des "Grandes gueules" sur RMC. Dès le début de l’émission, l’essayiste a tenu à faire une longue "mise au point" de plusieurs minutes, remerciant notamment la direction de la radio pour son "soutien absolument indéfectible".
Elle a également dénoncé "le déchaînement gratuit de haine" dont elle estime être victime sur les réseaux sociaux, tout en rappelant qu’elle faisait appel de sa condamnation prononcée le 15 avril dernier pour injure aggravée à caractère raciste envers la communauté des gens du voyage. "Il n’y a pas de condamnation tant qu’il n’y a pas de jugement définitif", a-t-elle insisté, invoquant le principe de "présomption d’innocence". La chroniqueuse assure également que ses propos ont été "extraits de leur contexte" et qu’elle n’a "jamais cherché à stigmatiser une communauté".
Une prise de parole qui a immédiatement suscité la colère des syndicats du groupe CMA Média. Dans un communiqué commun publié le 13 mai, la CGT et le SNJ dénoncent fermement son retour. "La chroniqueuse a même eu le privilège de pouvoir s'exprimer pendant quatre longues minutes, minutes pendant lesquelles elle a pu remercier la direction de RMC qui l'a soutenue et lui ‘a permis cette prise de distance’, ce que la direction nous avait pourtant présenté comme une sanction", peut-on lire.
"Barbara Lefebvre s'est aussi payée le luxe de commenter son procès, estimant que ses propos n'étaient pas racistes alors même qu'ils ont été reconnus comme tels en première instance", poursuit le texte. "Le racisme n’est et ne sera jamais une opinion mais un délit", martèlent les syndicats, qui accusent également la direction de refuser "de se positionner de manière claire contre les propos racistes". "Le soutien indéfectible de la direction à cette chroniqueuse condamnée en première instance est incompréhensible et scandaleux", ajoutent-ils.
La polémique intervient dans un contexte judiciaire déjà particulièrement lourd pour la chroniqueuse des "GG". En plus de sa condamnation liée à des propos tenus en avril 2024 sur les gens du voyage, Barbara Lefebvre devra de nouveau comparaître le 23 septembre prochain devant la 17e chambre correctionnelle de Paris pour "apologie de crime contre l’humanité". Cette fois, la justice examine des déclarations prononcées sur i24NEWS le 20 février 2025 au sujet des Palestiniens de Gaza. Lors de ce débat, la chroniqueuse avait notamment soutenu le projet de Donald Trump concernant la bande de Gaza, affirmant qu’il fallait "vider la bande de Gaza" et que "ces gens-là aillent vivre ailleurs".
Ces propos avaient provoqué une vague d’indignation et conduit RMC à prendre temporairement ses distances. À l’époque, la station avait assuré que ces déclarations "n’engageaient qu’elle-même" et ne reflétaient pas sa ligne éditoriale. Plusieurs organisations, dont SOS Racisme, avaient alors saisi la justice. "Ces propos ne relèvent pas du débat d’idées ou de l’exercice légitime de la liberté d’expression mais d’une incitation grave à la haine", affirme Me Rachid Madid, avocat de l’association.
En interne, le malaise semble désormais profond. Les sociétés des journalistes et plusieurs syndicats avaient déjà demandé l’an dernier le départ définitif de Barbara Lefebvre, estimant que ses prises de position "entachaient la réputation" des rédactions de RMC et BFMTV.

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