J-42 avant le premier tour des élections municipales, prévu le 15 mars prochain. Car, si la campagne "officielle" débutera le 2 du même mois pour les candidats qui briguent le fauteuil, elle a commencé plus tôt pour les médias de l'audiovisuel. Dès ce lundi 2 février, tous doivent respecter des règles strictes afin de garantir l’équité du processus démocratique. Celles-ci, identiques aux scrutins précédents, leur ont été présentées par l'Arcom, qui a promis d’être "vigilante" sur le pluralisme politique. Selon Martin Ajdari, le président du régulateur de l’audiovisuel et du numérique, ce cadre permet de "protéger" télévisions et radios "contre les désordres informationnels, la polarisation que l’on peut observer par ailleurs", sans empiéter sur "leur liberté éditoriale".
Le cœur du système reste le principe d’équité. Les médias sont tenus de veiller "à ce que les partis et groupements politiques présentant des candidats et leurs soutiens bénéficient d’une présentation et d’un accès équitables à l’antenne", précise la recommandation de l’Arcom. Le gendarme aura comme mission de rester attentif à l’équité des temps de parole des candidats et de leurs soutiens, au niveau local et national, avec un "décompte hebdomadaire, beaucoup plus serré" que le suivi habituel.
Concrètement, ainsi que l’a détaillé Catherine Jentile de Canecaude, membre du collège de l'autorité de régulation, les chaînes devront fournir les relevés des temps de parole au bout de deux semaines, le 16 février, puis chaque semaine jusqu’à la fin de la campagne, le 20 mars au soir, l’avant-veille du second tour, le dimanche 22 mars. Les compteurs seront remis à zéro après le premier, le 15. "Nous pourrons ainsi faire des points d’étape et les alerter si nous constatons un déséquilibre qui pourrait leur être difficile à rattraper avant la clôture des relevés. Si, malgré nos observations et potentiels avertissements, des manquements sont constatés, nous n’hésiterons pas à intervenir plus durement", explique la journaliste. Ces données seront publiées sur son site Internet de l'institution pour garantir la transparence auprès des citoyens.
À la veille de chaque scrutin, une période de réserve sera instaurée. Durant ce laps de temps, qui débutera dès 0h le samedi matin, "aucun sondage, aucun résultat ou propos ne peut être diffusé à l’antenne". Des images peuvent être montrées à l'écran, à défaut de sonore ou d'interview. Les premières estimations seront autorisées "à partir de 20h, heure de métropole", chaque dimanche soir de vote. De leur côté, les réseaux sociaux et les plateformes ne sont pas tenus au pluralisme mais restent soumis au code électoral qui impose notamment un "silence" du même nom 48 heures avant le scrutin et encadre l’utilisation des sondages. Les mêmes conditions s’appliquent à la presse écrite.
Que se passe-t-il en cas de non-respect de ces règles ? L’échelle d'intervention de l'Arcom est large, de la simple demande de correction aux chaînes à des sanctions, en passant par des mises en garde ou des mises en demeure. "L’objectif est d’intervenir avant le scrutin", a précisé Martin Ajdari soulignant aussi qu’"en période électorale, plus que jamais, la liberté de communication doit être protégée et c’est notre priorité". Car, la priorité de l'organisme est clair : garantir la "rigueur et l’honnêteté de l’information" en cette période des plus sensibles.

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