La commission d'enquête parlementaire sur la neutralité et le financement de l'audiovisuel public a refermé ses travaux dans un climat encore électrique. Lancée le 25 novembre et conclue le 8 avril par une nouvelle audition de la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, elle a donné lieu à 67 auditions lors desquelles se sont exprimées 234 personnalités, entre dirigeants de médias, journalistes, producteurs ou animateurs.
Au cœur de ces échanges souvent houleux, le rapporteur de la commission, le député Charles Alloncle (UDR), qui dispose désormais de deux semaines pour rédiger son rapport final. Celui-ci devra être soumis au vote des 31 membres de la commission le 27 avril. Dans ses recommandations, l'élu envisage déjà plusieurs pistes, dont une éventuelle proposition de loi sur l'audiovisuel public. Mais une idée concentre particulièrement l'attention : la création d'une charte visant à encadrer les prises de position publiques des figures du service public.
Invité de l'émission "Puremédias, L'Hebdo" sur T18, Charles Alloncle a détaillé cette proposition. Selon lui, les auditions ont mis en lumière un problème récurrent : l'expression politique de certaines personnalités associées à l'audiovisuel public, notamment sur les réseaux sociaux ou dans des médias privés. "À partir du moment où vous incarnez le service public, vous devez vous astreindre à une retenue", a-t-il expliqué, évoquant les travaux menés parallèlement par l'ARCOM sur la question de l'impartialité. "Vous ne devez pas donner de consignes politiques, ni accabler tel ou tel camp." Puremedias vous propose de découvrir la séquence dans la vidéo ci-dessus.
Le député insiste sur un principe qu'il estime déjà inscrit dans la loi : la neutralité des personnes participant à une mission de service public. "Vous êtes une figure du service public, que ce soit à l'antenne ou hors antenne, sur vos réseaux sociaux ou dans une émission : vous êtes astreint à une obligation de neutralité", a-t-il résumé. Ces réflexions ont été nourries par plusieurs auditions particulièrement tendues. Celle de l'animateur Nagui, figure historique de l'audiovisuel public, a donné lieu à un affrontement direct avec le rapporteur. Les deux hommes se sont mutuellement accusés d'alimenter les polémiques autour des rémunérations de l'animateur, qui rappelle ne pas être salarié de France Télévisions et de ses prises de position publiques hors antenne, notamment contre le Rassemblement national.
La question de la neutralité a aussi ressurgi lors de l'audition du journaliste Patrick Cohen. Convoqué après la diffusion par le média d'extrême droite "L'Incorrect" d'extraits d'une conversation filmée à son insu avec des responsables du Parti socialiste, il a dénoncé devant les députés une "falsification" et un montage sorti de son contexte. Le journaliste a également pointé une amplification médiatique orchestrée selon lui par certaines chaînes du groupe Bolloré, affirmant que l'affaire Legrand-Cohen avait donné lieu à des centaines de séquences sur CNews. L'éditorialiste de France Inter a ensuite adressé un courrier aux députés pour dénoncer ce qu'il considère comme une déformation de certains de ses propos par le rapporteur.
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