La situation financière "critique" que traverse France Télévisions inquiète tout le paysage audiovisuel. Rodolphe Belmer, pourtant PDG de TF1, a défendu le groupe public à l'occasion d'un colloque sur l'avenir de la télé linéaire. Pour le dirigeant, il faut "sécuriser et stabiliser" le service public à condition d'avoir "une visibilité sur ses financements". Il appelle donc de ses voeux la création d’un front commun des acteurs français pour défendre l’indépendance et le financement pérenne du secteur. Alexia Laroche-Joubert, patronne de Banijay France, partage ses craintes en même temps que son avis. Dans notre format vidéo "9h02", l'incontournable productrice s'alerte aussi de la chape de plomb qui pèse sur l'entreprise dirigée par Delphine Ernotte.
"On ne peut que vivre de façon catastrophique qu'un diffuseur soit attaqué", souligne-t-elle, alors que France Télévisions fait l'objet d'une enquête parlementaire sur sa neutralité et son fonctionnement à l'Assemblée nationale. Pour la PDG visionnaire, le résultat des travaux diligentés par Charles Alloncle ne doit pas remettre en cause le rôle majeur de l'institution. "Notre service public a besoin d'être fort, il n'y a pas de démocratie sans service public", insiste Alexia Laroche-Joubert.
Elle qui a notamment lancé "Loft Story" ou "Star Academy" voit d'un mauvais oeil que cette baisse de budget cible en particulier les émissions de flux. "On a tous été mis à contribution, on a tous joué le jeu. On ne peut qu'être évidemment extrêmement attentifs à ces mauvais signaux donc je demande à ce qu'on soit conscient que l'écosystème de la production doit être préservé", invite la productrice des divertissements "Fort Boyard", "Intervilles" ou "N'oubliez pas les paroles" sur les chaînes du service public.
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L'ex-directrice des programmes d'Endemol mène plusieurs croisades pour que la télévision historique résiste face à l'émergence des services de vidéo à la demande. L'une d'entre elles la mène à s'insurger contre l'interdiction du placement de produits dans les émissions de flux. "C’est une aberration française. Cela a été complètement accepté dans tous les pays européens, sauf en France, où comme toujours il y a une surprotection", s'est-elle agacée devant notre caméra. Alors que, selon elle, la TNT s'est encore affaiblie avec les arrêts simultanés de NRJ12 et C8, l'annulation de ces freins réglementaires seraient l'une des solutions pour sauvegarder le modèle économique des chaînes et par ricochets de France Télévisions.
Le groupe et sa dirigeante Delphine Ernotte se sont fixés pour objectif de réaliser 140 millions d'euros d'économies en 2026, avec plusieurs mesures : nouvelle baisse des effectifs, vente d'actifs immobiliers, cession à TF1 de neuf matchs du Tournoi des 6 Nations de rugby, réduction de 5% des dépenses sur tous les programmes de divertissement, baisse des financements à la création audiovisuelle...

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