C'était le 5 septembre dernier. Une polémique médiatique naissait après la diffusion d'une vidéo du média conservateur "L'Incorrect", fondé par un proche de Marion Maréchal. Dans cette séquence mise en ligne au début du mois mais filmée en juillet, deux journalistes de France Inter, Patrick Cohen et Thomas Legrand, déjeunent dans un restaurant parisien avec deux responsables du Parti socialiste. Au cours de ce repas, Thomas Legrand déclare notamment : "Nous, on fait ce qu’il faut pour (Rachida) Dati, Patrick (Cohen) et moi", ce qui a pu donner l’impression d’un manque de neutralité à l’encontre de la ministre sortante de la Culture. Dix jours plus tard, ce lundi 15 septembre, l'un des deux protagonistes est revenu en direct sur cette affaire.
En effet, Patrick Cohen a réagi pour la première fois dans "C à vous" à ces accusations de collusion avec des politiques. Peu après 19h30, le chroniqueur du talk-show de France 5 a profité de la rubrique 5/5 de Lorrain Sénéchal pour faire une mise au point. "Vous avez voulu ajouter un mot à propos de ces images volées qui vous ont valu une très violente mise en cause", l'a lancé Anne-Élisabeth Lemoine, qui présente l'émission du lundi au jeudi. Son interlocuteur a alors expliqué "devoir des comptes aux téléspectateurs de "C à vous", à ceux qui nous font confiance, à ceux qui se posent des questions".
Une prise de parole tardive qui a nécessité "un peu de recul et de réflexion" : celui qui a été aux commandes du 7/9 de France Inter entre 2010 et 2017 a tout d'abord souhaité "rappeler quelques principes" : "Ces rencontres font partie de mon métier. Les journalistes politiques échangent avec les politiques de tous bords", a-t-il souligné. Deuxièmement, "un journaliste peut avoir le cœur à droite ou à gauche ou nulle part, peu importe. Ce qui compte, c'est de savoir s'il fait bien son boulot, s'il le fait avec honnêteté et impartialité et sans complaisance particulière", a-t-il plaidé alors que le comité d'éthique de France Télévisions a estimé qu'il n'y avait rien à lui reprocher.
L'ancien salarié d'Europe 1 a ensuite revendiqué son absence de parti pris à l'antenne : "Mes critiques sont assez largement distribuées, y compris contre le PS. C'est d'ailleurs le mécontentement des proches d'Olivier Faure à l'égard de mes éditos qui les a conduits à solliciter ce rendez-vous en particulier", a-t-il dévoilé. Avant de s'en prendre à "L'Incorrect" et dénoncer "un montage pour une heure et demie de conversation" : "En tout, deux minutes trente d'images, de sons, sélectionnés, coupés, charcutés qui ne reflètent pas ce que fut ce rendez-vous banal", a-t-il fustigé. Et d'ajouter : "L'une des séquences qui a été mise en ligne d'une durée d'une minute douze a été coupée a dix reprises, dix points de montage qui sont visibles à l'œil nu, ce qui laisse penser que cette vidéo a été volée et montée dans le seul but de provoquer une interprétation biaisée et malhonnête, en clair, pour nous nuire."
En conséquence, "parce que nous n'avons rien à cacher", Patrick Cohen a annoncé avoir "adressé aujourd'hui par voie d'huissier une sommation pour obtenir les rushes" et ainsi prouver sa bonne foi et celle de son confrère, qui a décidé de renoncer à son émission hebdomadaire sur France Inter.
De son côté, la présidente de Radio France, Sibyle Veil a dénoncé "une campagne de déstabilisation" contre son groupe, en guerre ouverte avec les médias détenus par l'homme d'affaires Vincent Bolloré comme CNews. "Il s'agit bien de cela car la critique a perdu tout lien de proportion avec les faits", a-t-elle ajouté alors qu'elle sera entendue ce mercredi 17 septembre par le régulateur de l'audiovisuel, l'Arcom, en compagnie de Delphine Ernotte-Cunci, qui dirige France Télévisions.

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