Le ton est monté dans les tours à plusieurs reprises cette année sur les plateaux de télévisions. Entre discussions crispées, désaccords sur des idées politiques et menaces de prendre la porte de sortie, de longues explications de texte ont opposé des protagonistes dans les talk-shows et matinales diffusées sur la TNT. Florilège.
Des menaces de poursuites judiciaires en plein direct. Anne-Elisabeth Lemoine et ses chroniqueurs ne s'attendaient pas à pareille attaque de la part de leur invitée politique. La ministre de la Culture, mise en examen dans le cadre de l’affaire Carlos Ghosn pour corruption passive, avait été interrogée par l'animatrice sur des accusations récemment portées par le magazine "Complément d’enquête". Choisissant la contre-attaque comme moyen de défense, elle a de nouveau récusé ces faits, et redirigé le débat vers Patrick Cohen et son management du temps où le journaliste présentait la matinale de France Inter. "Vous pourriez tomber pour ce délit Monsieur Cohen. Il suffirait que je fasse un article 40 pour dénoncer suite à ce papier de Médiapart. Je peux saisir le tribunal" l'a-t-elle menacé. "Ce n’est pas très reluisant, ce que vous faites Mme Dati. C’est déshonorant", a répliqué l'éditorialiste, qui aura, plus tard dans l'année, des mots peu amènes envers l'élue. A lire ici.
Le politologue n'a pas suivi le nouvel homme fort de M6 dans ses nouvelles aventures. Plus d'une fois, celui dont les idées penchent à gauche a été prié de se taire par le chef de bande. Le 12 mars dernier, dans "Touche pas à mon poste" sur feu-C8, il a été violemment renvoyé dans les cordes par un "Stop, stop, sortez, vous ne respectez pas les règles, c'est insupportable". Déjà repris à l'ordre, quelques minutes plus tôt pour avoir donné une interview dans la presse sans l'accord de son patron, Thomas Guénolé a, cette fois, pris la mouche et quitté le plateau. "Je préfère sortir que voir quelqu'un du Rassemblement national nous donner des leçons de lutte démocrate", s'était-il justifié, joignant ses paroles aux actes. Malgré cette tension récurrente, l'éditorialiste n'en a jamais voulu à "Baba" de se servir de lui comme d'un punching-ball. "Cyril Hanouna me donne le droit de dire ce que je veux mais il a aussi le droit de me rentrer dedans s’il n’est pas d’accord", confiait-il à "TV Mag". A lire ici.
"Mais taisez-vous un peu, laissez-moi répondre !". Pour ses débuts dans la matinale de France Inter, Benjamin Duhamel a passé le test de Jean-Luc Mélenchon. Invité à réagir à la composition du nouveau gouvernement de Sébastien Lecornu, dévoilé la veille, le leader de la France Insoumise a vite perdu patience, et la discussion a viré à l'affrontement de coqs. Interruptions, piques et invectives ont animé un échange très tendu. "Jean-Luc Mélenchon, on essaye de rester correct vous posez des questions, vous y répondez", a tenté de reprendre le transfuge de BFMTV. "Non, je réponds si je veux, et comme je le veux", a enchaîné son invité avant d'ajouter : "Je sais que c'est votre but de faire monter le ton sur ce plateau (...). Donc maintenant vous vous calmez, vous m'écoutez". Un doigt d'honneur lui aurait même échappé dans la passe d'armes... A lire ici.
Le fameux majeur de Jean-Luc Mélenchon a été repris par le présentateur de la matinale de TF1, lorsque son interview avec Manuel Bompard s'est tendue. Le député LFI s’est agacé des relances du lève-tôt sur les exécutions commises par le Hamas à Gaza. Ce à quoi Bruce Toussaint a répliqué par une référence appuyée au chef de file du parti de son convive : "À la fin vous allez me faire un doigt d'honneur en sortant du plateau ?". Une petite phrase qui n'a pas fait rire l'élu, jugé nerveux par son interlocuteur. "Il n'y a pas de nervosité mais je ne comprends pas pourquoi quand je vous dis 'évidemment', vous essayez de faire croire que ce n'est pas clair", a rétorqué Manuel Bompard dans une ambiance électrique. Un épiphénomène pour le journaliste de la Une. A lire ici.
Habituellement, les piques du sniper humoriste ne sont pas amenées à être commentées par leur cible. Mais ce soir du 3 mai, Nicolas Bedos s'est rebellé contre le comparse de Léa Salamé et son tacle direct. “C’est sérieux ce que l’on dit là", avait répliqué le comédien, condamné en octobre à un an de prison dont six mois avec sursis pour des agressions sexuelles sur deux femmes en 2023, lorsque Paul de Saint-Sernin l'avait emmené sur le terrain de ses soucis judiciaires. “Oui mais c’était une manière de te montrer que c’est important le consentement. Tu vois, je décide que l’argent est reversé à cette association sans te demander ton avis”, l'a rabroué l'humoriste sous les rires gênés du public. Interrogé deux jours plus tard dans "Quotidien" sur les coulisses de cette séquence, le futur participant de "LOL, qui rit sort" avait confié ses réticences à l'idée de "participer à ce plateau". A lire ici.
Le chef d'Etat n'a pas apprécié le ton du journaliste de France Télévisions et lui a fait savoir. Dans une émission consacrée à la protection des océans, Emmanuel Macron avait été confronté à une question sur la nomination de Christophe Castaner chez Shein, une marque chinoise souvent pointée du doigt pour son impact environnemental catastrophique. Agacé, le président la République a coupé court au débat : "C'est un peu nul ce que vous faites, non ? Par rapport au débat". L'échange s'est ensuite musclé entre les deux hommes, Hugo Clément tentant de pointer une contradiction dans le discours présidentiel et de lui redemander une réaction à ce sujet. "Les débats méritent mieux que ça et voilà, je n’aime pas ces méthodes", lui a répondu sèchement le locataire de l'Elysée. A lire ici.
"L'heure des pros" a été le théâtre de nombreuses prises de becs en plateau. Pascal Praud n'a pas son pareil pour contredire parfois ses chroniqueurs, et Olivier Dartigolles a, plusieurs fois, fait les frais de sa répartie, avant de rejoindre Cyril Hanouna sur W9 et Fun Radio. Le 3 juin dernier, le présentateur vedette de CNews l'a poussé dans ses retranchements. "Je ne sais même pas ce que cette phrase veut dire concrètement", s'est-il moqué au sujet d'une explication qu'il ne jugeait pas entendable. S'en est suivi une joute verbale tendue entre les deux hommes campant sur leurs avis, l'instigateur de ce débat montrant même son agacement en lâchant ses fiches. Les téléspectateurs de la chaîne d'info avaient déjà eu l'occasion de voir les deux protagonistes s'écharper en raison de leurs pensées divergentes, et même vu Olivier Dartigolles menacer de quitter le plateau. A lire ici.

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