La trêve de Pâques ne concerne décidément pas CNews. Depuis plusieurs semaines, la chaîne d'info en continu du groupe Canal+ se retrouve dans le viseur de ses détracteurs qui lui reprochent une pensée unilatérale et des débordements racistes. Le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, ciblé par des injures à caractère raciste, a ainsi appelé à la fermeture du canal 14 de la TNT. "C'est un média qui devient dangereux dans la situation politique et la société que nous voulons construire. Ce sont des récidivistes en puissance", a indiqué l'édile francilien, regrettant également la passivité de l'Arcom dans ce dossier.
Son point de vue est partagé par Patrick Cohen, invité ce lundi des "Grandes Gueules" sur RMC et RMC Story. "Est-ce que vous faites partie de ceux qui disent qu’il faut fermer CNews?", lui a demandé Alain Marschall. Transparent, le journaliste politique du service public a alors affirmé : "Je fais partie de ceux qui pensent que dans l’état actuel, et c’est purement factuel -, CNews est hors-la-loi". Il a ensuite étayé sa position : "La loi de 1986 prévoit un pluralisme interne dans chaque chaîne de télévision. Et cette loi de 1986 aujourd’hui, pour tout un tas de raisons que je ne détaillerai pas, n’est pas respectée aujourd’hui par CNews".
L'éditorialiste de France Inter et de "C à vous" a pris comme exemple le débat de dimanche soir sur la chaîne qui opposait Julien Dray et Gilles-William Goldnadel. "Ils sont d’accord sur tout", a-t-il fait remarquer. Son analyse a d'ailleurs fortement déplu au second débatteur, lequel s'est affranchi d'un commentaire acerbe sur X. "Le méchant clown Cohen ose se plaindre d’un manque de pluralisme sur CNews ! Sa radio de sévices publics y est astreinte plus rigoureusement et elle piétine cette obligation systématiquement, de ses journalistes gauchistes à ses humoristes à sens inique", a taclé l’avocat, essayiste et chroniqueur de la chaîne d’information du groupe Bolloré.
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Au cours de l'émission, Patrick Cohen a également été interrogé sur l'intérêt de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, lui qui a été auditionné à l'Assemblée nationale. Il a clairement remis en cause son fonctionnement. "Ce qui m’a choqué dans cette commission, c’est de questionner des députés sur les choix des journalistes dans leurs éditos et leurs choix d’invités", déplore-t-il. Tout en défendant l'absence d'idéologie à France Télévisions, le journaliste a voulu rappeler qu'"il y a des médias qui cherchent de façon imparfaite à s’approcher du réel, à toucher à la vérité et respecter les faits. Et il y a d’autres médias et des réseaux qui essaient de produire des vérités alternatives".
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