"Cash Investigation" se défend. Plusieurs familles ont en effet porté plainte contre les équipes du magazine d'Elise Lucet sur France 2 pour "non-dénonciation de mauvais traitements". En cause, la diffusion, le 29 janvier dernier, d'un numéro choc baptisé "Périscolaire, établissements privés : enquête derrière le portail de nos écoles". Leur déposition indique qu'à partir d'avril 2025, une journaliste de la société de production de l'émission a filmé en caméra cachée des animateurs périscolaires faisant "subir à des enfants de 3 à 5 ans des violences physiques et psychologiques, des privations et une agression sexuelle". Les parents reprochent aux équipes de France Télévisions d'avoir "tenues secrètes pendant neuf mois" des images tournées "à compter d'avril 2025", "sans qu'aucun signalement aux autorités judiciaires ou administratives ne soit effectué".
Face à la polémique, la rédaction de "Cash Investigation" s'est fendue d'un communiqué partagé sur X pour répondre aux "accusations inexactes et mensongères de l’avocat d’une famille à propos de l’enquête sur le périscolaire". Elle juge "cette plainte extrêmement inquiétante", du fait du "rigoureux travail d’investigation" entrepris par l'équipe de journalistes "sur un sujet d’intérêt général, révélant au grand public des faits graves et systémiques". Le texte fait alors part des coulisses de cette enquête menée par une reporter "qui n'a jamais assisté aux faits reprochés à l'animateur", suspendu de l'école pour suspicion de faits à caractère sexuel. "Il est donc absolument faux de parler comme le fait l’avocat, de 'dissimulation jusqu’à la diffusion', puisque les autorités en charge étaient déjà informées en mai 2025 de suspicions d’agression sexuelle, auxquels ils avaient réagi par cette décision de suspension", peut-on lire.
D'autre part, l'équipe du magazine réfute le mot "privation" employé par l'avocat des plaignants dans son action en justice. "Nous n’avons jamais filmé de scène de privation au sens pénal du terme, nous avons filmé une animatrice qui menaçait des enfants de privation de goûter, scène également diffusée dans le documentaire", argue-t-elle, accusant l'homme de loi de "dénaturer les faits pour servir sa stratégie de défense, en passant délibérément sous silence ces éléments".
À lire aussi : "Ne rien laisser passer" : Après "Cash Investigation" sur France 2, la mairie de Paris suspend 2 animatrices, le Ministre de l'Éducation nationale s’en mêle
Dans son argumentaire, la rédaction, qui ne souhaite pas se substituer au travail de la police et de la justice, souligne également avoir voulu traiter une thématique complexe et jamais traitée comme telle jusqu'à présent. "Notre mission journalistique est d’informer sur des situations problématiques, d’alerter sur des dérives ou sur les défaillances systémiques, en recueillant notamment la parole des victimes, des témoins et des institutions mises en cause", assure-t-elle. Une mission qu'elle juge réussie "en portant à la connaissance du public et des acteurs du secteur ce sujet d’intérêt général". Elle estime en effet que les "réactions concrètes qui ont résulté de la diffusion", provenant notamment des autorités et de la mairie de Paris, "laissent penser que France Télévisions a plus que jamais joué son rôle de service public en alertant et en ayant un impact sur le périscolaire".

player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2