C’est une rentrée qui s’annonce particulière pour Léa Salamé. Après plusieurs semaines de pause estivale, la journaliste va retrouver l’un de ses rendez-vous emblématiques sur France 2. Selon les informations du "Parisien", elle devrait faire sa rentrée le samedi 19 septembre avec "Quelle Époque !", le talk-show qu’elle anime depuis 2022 sur France 2. Un rendez-vous qu’elle conservera même si Raphaël Glucksmann se lance dans la course à l’Élysée. Une seule différence, et elle est de taille : la journaliste ne recevra pas d’invités politiques pendant la campagne.
La journaliste devrait ainsi conserver cette émission hebdomadaire, même dans l’hypothèse où elle devait prochainement quitter le fauteuil du "20 Heures". Toujours selon "Le Parisien", la situation autour de son journal télévisé se serait en effet accélérée ces derniers jours, alors que son compagnon Raphaël Glucksmann prépare de plus en plus activement une éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2027. La direction de France Télévisions devait initialement retrouver Léa Salamé aux commandes du "20 Heures" le lundi 24 août. Mais ce scénario apparaîtrait désormais de moins en moins probable. "Léa Salamé ne va pas revenir que pour trois ou quatre jours…" aurait ainsi résumé une source au sein de l’état-major du groupe audiovisuel public, même si "rien n'est tranché".
La journaliste avait pourtant été annoncée comme titulaire du journal pour la rentrée, après avoir succédé à Anne-Sophie Lapix en septembre 2025. Mais depuis plusieurs semaines, la candidature de Raphaël Glucksmann à la présidentielle de 2027 se précise. Le patron de Place publique multiplie les déplacements sur le terrain et pourrait annoncer prochainement sa décision. Le calendrier est particulièrement serré : le Parti socialiste doit valider ce mardi 25 août les modalités de sa primaire, dont le premier tour est prévu les 10 et 11 octobre. Les candidats devront se déclarer avant le 15 septembre. Selon l’entourage de l’eurodéputé, une annonce pourrait intervenir dès la fin du mois d’août.
Or, Léa Salamé avait été très claire dès son arrivée au "20 Heures". En cas de candidature de son compagnon, elle quitterait immédiatement le fauteuil du journal, comme elle l’avait déjà fait lors des campagnes européennes de Raphaël Glucksmann en 2019 et 2024. "S’il se lance, je quitterai l’antenne", avait-elle déclaré à "Libération" en juillet 2025. Une position également assumée par le principal intéressé. "Cela posera un problème et une incompatibilité", avait reconnu Raphaël Glucksmann sur Franceinfo, rappelant que sa compagne s’était déjà mise en retrait lors de ses précédentes campagnes.
Face à cette incertitude, France 2 anticipe déjà un éventuel départ de Léa Salamé. Son joker, Jean-Baptiste Marteau, qui a assuré l’intérim pendant l’été, apparaît comme le principal candidat pour assurer son remplacement. Initialement, il devait reprendre sa matinale sur Franceinfo le 31 août. Mais, selon plusieurs sources citées par "Le Parisien", sa joker Louise Bernard aurait été priée de se tenir prête à cette date. En juillet, le journaliste assurait pourtant au "Buzz TV" du "Figaro" : "Quoi qu’il se passe dans les semaines qui viennent, Léa Salamé restera titulaire du journal de 20 heures de France 2 dans les mois et la saison prochaine." Une perspective qui pourrait donc être remise en question par l’évolution de la situation politique.
Il faut dire que malgré de bons scores d’audience, depuis son arrivée à la tête du journal en septembre 2025, Léa Salamé a connu des débuts particulièrement scrutés. Plusieurs erreurs ou séquences controversées ont suscité des critiques, notamment une confusion entre Henri Guaino et Claude Guéant, mais aussi une erreur concernant l’enseignant Dominique Bernard, confondu avec Samuel Paty.
Son interview de Sergueï Lavrov, en mars dernier, avait également provoqué de nombreuses réactions. Léa Salamé avait ensuite reconnu avoir "un regret" concernant cet entretien, estimant qu’il aurait dû être davantage accompagné de reportages et d’analyses. "Quand on dit oui aux 20 Heures, il faut accepter d’être attendue au tournant" avait-elle confié au "Parisien". "Et de ce point de vue-là, je crois que l’on peut dire que j’ai été très attendue. Je mentirais si je disais que j’ai été insensible aux attaques", confiait-elle. "J’ai douté, mais je n’ai jamais eu de regrets."