Daniel Kretinsky, propriétaire du groupe CMI
"Les membres de l’intersyndicale CFDT, SNJ-CGT et SNJ et les salarié.es constatent avec une vive inquiétude et une profonde insatisfaction la gestion actuelle de l’entreprise par la direction générale". C'est ainsi que commence la motion de défiance des salariés de CMI France contre leur direction, votée mardi 9 septembre à 63% soit par 300 salariés de la filiale du groupe européen de médias et d'édition Czech Media Invest (CMI) du milliardaire tchèque Daniel Křetínský. CMI France est l'actuel détenteur des titres "Télé 7 jours", "Elle", "Marianne", "Franc-Tireur" mais est également derrière la chaîne T18, lancée sur la TNT en juin dernier.
Dans ce texte que Puremédias a pu consulter, les salariés de CMI France, dont la présidence du conseil de surveillance est assurée par Denis Olivennes, dénoncent tout d'abord "l'absence de stratégie claire et payante, laissant l'activité sans cap, sans perspective et fragilisant l’avenir de l’ensemble des équipes". Ils s'inquiètent également de la "cessation d’actifs historiques" en cours à savoir 'France Dimanche', 'Ici Paris', 'Télé 7 jours' et 'Télé 7 jeux' et toutes leurs déclinaisons papier et web, "engagée sans vision industrielle". "Cette cession met en péril au sein de la société CMI France la pérennité à court terme des activités et de l’emploi dans les rédactions, les fonctions supports et transverses", écrivent les signataires.
Les salariés pointent aussi du doigt "l’absence totale d’anticipation des chantiers en cours, qui plonge l’entreprise et ses salarié.es dans une situation d’incertitude permanente" et "l'obligation unilatérale d’un télétravail à 100 %, décidée sans concertation préalable" avant le déménagement de locaux. CMI France doit en effet quitter le siège de Levallois-Perret, dont le bail arrive à échéance en 2025, et intégrer les locaux de sa filiale Editis, dans le XIIIe arrondissement de Paris, qui doivent faire l’objet de travaux. L’emménagement des salariés du groupe dans leurs nouveaux bureaux est prévu pour la mi-décembre, les obligeant à télétravailler pendant deux mois, a expliqué à l'AFP une élue syndicale qui affirme que "c'est l’impréparation de notre déménagement" qui a mis "le feu aux poudres". "Cela fait deux ans qu’on en parle et là on doit partir dans la précipitation, on n’a plus de bureau à partir du 17 octobre", ajoute-t-elle.
De son côté, la direction a dit prendre "acte du vote de défiance" et entendre "l’inquiétude qu’il exprime". "Nous voulons poursuivre un dialogue sincère et trouver ensemble les réponses nécessaires pour rétablir la confiance et avancer collectivement", a-t-elle indiqué.

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